mardi 16 février 2010

Vertes de rage, lettre ouverte à Mme Badinter, Femmes et écolos : le nouveau féminin


« Ecolos, nouveaux machos » lance Madame Badinter qui croit voir dans une prétendue « sanctification de la mère et l'écologie radicale un danger pour les droits des femmes ». Voici une lettre ouverte que nous avons rédigée avec quelques femmes engagées dans l'écologie.
Si vous voulez apporte votre soutien ou votre signature, ils sont centralisés sur le site Femininbio.com

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jeudi 14 janvier 2010

GDF Suez, nominée au ‘Public Eye Awards’ 2010 couronnant l’entreprise la plus irresponsable en matière d’environnement.


Survival international, le mouvement pour les peuples indigènes, est une ONG aidant les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir. Je vous transmets leur communiqué de presse de ce jour.

COMMUNIQUE DE PRESSE
14 janvier 2010

La multinationale française GDF Suez en butte à la critique internationale pour son rôle majeur dans la construction d’un barrage controversé en Amazonie brésilienne

GDF Suez a été nominée au ‘Public Eye Awards’ 2010 couronnant l’entreprise la plus irresponsable en matière d’environnement.

Une coalition d'organisations de la société civile du Brésil, de France et des États-Unis a adressé cette semaine une lettre à M. Gérard Mestrallet, président de GDF Suez, dénonçant la participation de sa compagnie à la construction du barrage hydroélectrique controversé de Jirau, sur le rio Madeira, en Amazonie brésilienne.

Les organisations signataires dénoncent les graves impacts socio-environnementaux et les risques liés au barrage de Jirau et en attribuent la responsabilité directe à GDF Suez en tant qu’actionnaire majoritaire dans le consortium d’entreprises chargé de sa construction. En raison de son implication dans ce projet, GDF Suez a été présélectionnée comme l’une des entreprises mondiales les plus irresponsables sur les plans social et écologique pour le prix ‘Public Eye Award’ 2010 qui sera décerné le 27 janvier prochain à Davos.

Jirau est le plus grand programme hydroélectrique en cours dans les Amériques et le projet de GDF Suez le plus destructeur de l’environnement. Selon les signataires, ‘GDF Suez et ses filiales ont fait preuve d'un manque de vigilance au cours des phases de planification et de construction du barrage de Jirau, ainsi que d’un flagrant mépris des droits humains et de la protection de l'environnement, qui relèvent de la responsabilité juridique et éthique de l'entreprise’.

Parmi les violations des droits humains perpétrées par le consortium, figurent l'absence de consentement libre, préalable et informé des communautés indigènes locales ainsi que la non prise en compte de la présence, à proximité du site du barrage, de groupes d’Indiens isolés extrêmement vulnérables aux contacts extérieurs et qui seront directement affectés par les impacts du projet. Par ailleurs, la destruction de l'environnement que générera le barrage de Jirau aura des répercussions importantes sur les communautés riveraines du bassin du Madeira - partagé par le Brésil, la Bolivie et le Pérou – en inondant les forêts, dévastant les stocks de poissons et détruisant de manière irréversible les moyens de subsistance des populations locales.

‘GDF Suez ne tient pas compte de nos communautés tout comme il ne respecte pas la rivière’, a déclaré Océlio Munoz, un dirigeant local du Mouvement des Peuples Affectés par les Barrages. ‘Nos vies sont détruites par un modèle de développement qui traite le fleuve et la terre comme des marchandises.’

Si la responsabilité de GDF Suez, dont la participation est majoritaire dans le consortium de construction du barrage de Jirau, est pleinement engagée, le gouvernement français, actionnaire à 36 % de la compagnie, ne peut dénier la sienne. Selon Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International France : ‘Il est scandaleux que le gouvernement français utilise des fonds publics pour financer une entreprise honteusement responsable de la destruction d’une importante rivière amazonienne et d'une région d’une exceptionnelle diversité biologique et socio-culturelle. En outre, ce projet menace gravement les groupes d’Indiens isolés – les peuples les plus vulnérables de la planète – qui vivent dans la région et dont la survie se situe au premier rang de nos préoccupations car ils seront chassés de leurs terres et exposés à des maladies contre lesquelles ils n'ont aucune immunité’.

Jean-Patrick Razon a indiqué qu’une copie de la lettre à M. Gérard Mestrallet a été adressée au président Sarkozy ainsi qu’à plusieurs membres du gouvernement français les exhortant ‘à s'assurer que les questions et les recommandations formulées par les organisations signataires recevront une réponse adéquate de la part des plus hauts responsables de l'administration de la compagnie’.

Au rythme actuel, le barrage de Jirau devrait déplacer des milliers de familles riveraines et mettre en danger de larges pans de forêts, y compris des aires protégées. La construction du barrage menace également d'extinction des centaines d'espèces de poissons migrateurs. De plus, la végétation en décomposition et la déforestation entraînées par le projet contribueront de manière significative à l’émission de dioxyde de carbone et de méthane. Actuellement, la déforestation des zones tropicales est, au niveau mondial, la plus grande source d'émissions de gaz à effet de serre.

La coalition des organisations de la société civile appelle GDF Suez à suspendre immédiatement toute activité liée à la construction du barrage de Jirau sur le rio Madeira. GDF Suez et ses partenaires du consortium ‘Energia Sustentável’ sont actuellement passibles d’amendes pour déforestation illégale et sont co-accusés dans une affaire civile intentée au Brésil par le Ministère public de l'État, le Ministère public fédéral (Ministério Público) ainsi que par des organisations non-gouvernementales.

L’annonce des lauréats du ‘Public Eye Award’ aura lieu au cours d'une conférence de presse à Zurich le 14 janvier et une vidéo sur les activités de GDF Suez sur le rio Madeira sera mise en ligne à la même date sur le site : http://trailer.publiceye.ch/en/.

Contact:

Au Brésil :
Amigos da Terra – Amazônia Brasileira - Roland Widmer 55 11 3887 9369 roland.widmer@amazonia.org.br

Associação de Defesa Etnoambiental Kanindé - Telma Monteiro 55 11 46832157 kaninde@kaninde.org.br

En France : Survival International - Jean Patrick Razon 33 1 4241 4762 jp@survivalfrance.org

Aux Etats Unis :
Amazon Watch - Christian Poirier 1 510 6667565 christian@amazonwatch.org,
Ruxandra Guidi 1 415 487 9600 ruxandra@amazonwatch.org



mardi 12 janvier 2010

Comment faire tenir 12 litres de lessive dans un sac à main ?


Je viens de ramener dans mon sac à main 12 litres de lessive. Comment ai-je fait ?

1 - j'ai un sac à main format Avatar, pour personnes de 4 mètres de long
2 - j'ai un bon de livraison de mes courses dans mon sac
3 - j'écris ce billet de Bordeaux à 22.15 où je fais la fête avec mes copines et je n'ai plus toutes mes facultés mentales ? ;)
4- je fais ma lessive moi-même


4 bien sûr (et pardon pour la private joke du 3 : Laure et Anne Sophie twittaient leur soirée alors que j'écrivais ce billet... Grrr ...)



Je n'ai pas de voiture, je déteste faire les courses et je ne supporte plus les odeurs chimiques... Ca a été un bonheur quand je me suis lancée dans la lessive maison (et plein d'autres produits). j'ai quasi ramené mes courses aux fruits, légumes et sec (pâtes, riz etc.)

Voilà donc la recette de la lessive maison, directement extraite de mon mini-kit de survie de la nana bio (un peu de pub au passage ça ne fait pas de mal... soutenez les auteurs !!) ultra-économique, idéale pour les gens qui n'ont pas de voiture, sans emballage, et ultra écolo bien sûr (bien que c'est quasi impossible de trouver du savon 100 % huile d'olive, il y a donc quand même de l'huile de palme (minoritaire) ). A noter : ça permet d'éviter le transport de litres et de litres de liquide par camion de l'usine jusqu'au magasin !

Rapez 75 g de savon de Marseille au robot ménager, ajoutez 1 verre de cristaux de soude, 1,5 litres d'eau bouillante, une dizaine de gouttes d'huiles essentielles de votre choix pour parfumer. Mixez le tout au robot pour une dissolution parfaite. Transvasez dans un bidon d'au moins deux litres afin de pouvoir secouer et fluidifier le gel qui se forme en refroidissant. Un verre de lessive suffit par machine.
Pour une lessive linge très délicat : n'ajoutez pas les cristaux de soude
Pour détacher et blanchir : ajoutez au moment de votre lessive un blanchisseur de type ecover ou sonett (en poudre aussi)

C'est écologique, économe (3 à 4 euros le savon de 600g), rapide, aussi efficace que les lessives traditionnelles et sans allergène. Le linge est aussi plus doux.

Et ça fait gagner du temps !! Celui qu'on perd dans les rayons de supermarché.



Copenhague : élan ou échec ? (2/?) Pourquoi l'objectif des 2°C est un déni de démocratie et du greenwashing politique




Je vous ai raconté dans mon dernier billet sur le sujet (n° 1/?) comment différents groupes - négociateurs, ONG, société plus internaute (blogueurs, Avaaz...), green entreprises, élus locaux, artistes, étaient présents à Copenhague et que chacun avait son centre, son QG, que j'ai résumé par ce petit pastiche ;). Rétrospectivement, il me semble en effet, que l'on pourrait plutôt parler de "la bataille de Copenhague" que du "sommet". Cela s'est révélé au fur et à mesure des évènements. L'une des batailles oppose les pays du Sud aux pays riches sur la limitation des hausses de températures.

Un échec des pays du Sud face aux pays industrialisés : une limitation des hausses des températures fixée à 2°C

Que signifie la limitation des hausses de température à 2 °C ? Elle signifie qu'on se fixe l'extrême limite au delà de laquelle les emballements climatiques sont fortement probables. Au delà de cette limite, les risques pour l'humanité sont trop grands pour être encourus. Un peu comme si on vous disait "au delà de 150 km/h sur une départementale vous êtes à peu près sûr d'avoir un accident mortel". La limitation à 2°C est donc EXTREMEMENT risquée et c'est la plus haute que l'on pouvait envisager. Au-delà, de nombreuses études sur les climats passés laissent présager un basculement à 3,5°C puis, par d'autres effets de seuil, un basculement à 6°C.(1)
Les pays du Sud, rassemblés dans le G77, par la voie de leur porte parole à Copenhague le Soudanais Di Aping, ont logiquement déclaré concernant la limitation du réchauffement à une température moyenne de 2°C "Pour l’Afrique, cela signifie 3,5 degrés de plus, c’est une sentence de mort.»

+ 2°C : un risque global
En effet le réchauffement n'est pas homogène sur la planète. En outre, les écosystèmes réagissent par pallier. Avant d'atteindre deux degrés, les écosystèmes seront déjà largement bouleversés et la répartition géographique des zones cultivables et habitables le sera aussi. Déjà, on estime à 300 000 le nombre de morts dû au changement climatique. A plus un degré, l'Ouest des Etats-Unis pourrait être frappé de sécheresses pérennes et les fermiers des hautes plaines pourraient se retrouver dans la situation que connaissent actuellement leurs collègues australiens qui en quelques années sont de plus en plus nombreux à devoir laisser leurs terres.
La géographie des Etats insulaires, dont les nappes phréatiques sont déjà touchées par la salinisation due à l'intrusion d'eau de mer, sera aussi redessinée bien avant d'atteindre 2°C. C'est pourquoi regroupés sous le nom d'AOSIS (Alliance of Small Island States), ces Etats demandent impérativement une limitation de la hausse des températures à 1,5°C.

Mais, contre l'avis du plus grand nombre de pays, contre la prééminence des dangers pour des peuples entiers et pour certaines de leurs propres populations, les pays industrialisés ont imposé l'objectif d'une limitation des températures à 2°C, qui leur semblait "la plus politiquement faisable". Politiquement faisable aujourd'hui mais demain ? Quels risques politiques encourent-ils eux-mêmes ? Mais les chefs d'Etat ont décidément du mal à prévoir au delà de leurs échéances électorales.

Pour mesurer combien le risque encouru est grand, il suffit de savoir que la limitation des gaz à effet de serre de -25 à -40 % pour les pays industrialisés avant 2020, réclamée comme objectif à Copenhague, ne laisse qu'une chance sur deux de ne pas dépasser les 2°C selon l'avis des scientifiques.

J'en ai discuté avec quelques observateurs des ONG sur place "oui mais en dessous de 2°C ce n'est pas politiquement faisable". Vraiment ? Ne nous voilons pas la face : si nous sommes capables de mettre en place les politiques structurantes pour limiter la hausse des températures à 2°C, qui nécessitent un changement radical de nos infrastructures énergétiques, de notre gestion des écosystèmes et de nos modes de production agricole, alors l'objectif de 1,5°C est tout aussi atteignable que celui des 2°C. La difficulté ne réside pas dans ces 0,5°C , elle réside dans le changement de paradigme que nous devons faire collectivement, citoyens, consommateurs, industriels et gouvernements locaux et nationaux. Pour le moment, les limitations promises par les Etats ou groupes d'état selon des bases volontaires, ne permettent même pas d'atteindre 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et ce sont en effet peut-être les limitations maximales que nous pouvons atteindre dans le paradigme actuel. Cela nous emmènera dans des réchauffements à 3°C, donc dans les niveaux de basculement des températures qui nous amènent tout droit à 6°C.

+2°C : déni de démocratie et greenwashing politique
Ce 2°C, affiché par un grand nombre de media de nos pays comme l'objectif consensuel à atteindre, voire l'objectif donné par les scientifiques n'émane non seulement pas des scientifiques mais même pas de l'ensemble des leaders politiques de la planète ! Il est l'objectif minimal auquel ont consenti les leaders des pays industrialisés, contre l'avis de la majorité des Etats et contre les intérêts de l'humanité et de leurs peuples au niveau national. C'est non seulement un déni de démocratie au niveau planétaire, puisqu'il enterre la voix majoritaire, mais c'est aussi un immense greenwashing politique : nous croyons collectivement qu'atteindre cet objectif nous placera en sécurité alors qu'il placera déjà la société mondiale au mieux dans le chaos, au pire dans des emballements de température ingérables.

La voix de la raison semble ici bien être celle des pays du Sud. Et c'est avec un grand cynisme -ou une grande ignorance- que les chefs d'Etat des 28 pays les plus puissants (et polluants-représentant 90 % des émissions de gaz à effet de serre) ont inclu, dans leur feuille finale, la révision possible de l'objectif de limitation des hausses de températures à 1,5°C en 2015 : il sera de toute façon trop tard.


(1) : Lire notamment l'excellent livre de Mark Lynas, 6°C, que va-t-il se passer ? Aux éditions Dunod.



lundi 11 janvier 2010

Ce soir : Copenhague, l'ultime négociation


C'est ce soir sur Canal plus. J'ai vu un prémontage de ce documentaire avant le sommet de Copenhague, c'était déjà passionnant : ce documentaire montre l'envers du décor, comment se joue les négociations entre les pays, la force des couloirs... Il a été réalisé grâce à Laurence Tubiana, négociatrice pour l'Europe et pour la France, fondatrice de l'IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales) titulaire de la chaire de Développement durable à Science Po... -et j'en passe- et femme TRES convaincue.



Maintenant que Copenhague s'est soldé par un échec au delà des pires pronostics, j'ai hâte de voir ce documentaire... Il montrera les coulisses d'un échec, les coulisses d'une surprise - les chefs d'Etat des 28 pays les plus puissants du monde négociant à l'arrachée- jamais vue de mémoire de négociateur. Les vraies coulisses, celles qui n'étaient pas visibles, même de ceux qui étaient présents.

Pour lire un aperçu sur le Nouvel Obs : Copenhague, ton univers impitoyable



jeudi 7 janvier 2010

Pour une consommation structurante


19 décembre, petit déjeuner sur le bateau à Copenhague. Le sommet sur le climat s’est clôturé la veille sur un échec. C’est un peu la gueule de bois. Mais sans surprise. A quelques-uns autour de la table, nous nous demandons comment nous allons réagir une fois rentrés dans nos pénates. La conclusion de tous est la même. Puisque les solutions ne viennent pas d’en haut, il faut les faire partir du bas.

L’effet structurant que devait avoir le sommet de Copenhague sur les changements de modèles n’a pas eu lieu. Pendant ce temps, l’horloge climatique tourne. La machine climatique n’a pas d’oreille. Si cet effet structurant ne vient pas du haut, il va bien falloir qu’il vienne du bas.

Parmi les possibilités d'action d'un individu, figure celle de la consommation. Peut-on la penser pour qu'elle devienne structurante ?
Nous connaissons tous la consommation responsable. Une consommation qui prend en compte sa consommation d’énergie, d’eau, de ressources en général et qui essaie d’intégrer la préservation de la biodiversité et l’équité des rapports économiques. Mais nous devons probablement franchir un pas encore dans la pensée de notre consommation. Une consommation qu’on pourrait appeler “structurante”. Une consommation qui n’aurait pas seulement un réflexe de préservation mais aussi un réflexe de développement des activités d'un territoire pour le structurer face aux enjeux écologique. Une consommation qui gagnerait en puissance par rapport à la seule consommation "responsable".

L’énergie
L’une de mes résolutions de ce nouvel An est de passer enfin à Enercoop pour ma fourniture d’électricité avant la fin janvier. Enfin me plonger dans le dossier et faire ces foutus papiers. Enercoop est un fournisseur d’énergie renouvelable. Faire attention à l’énergie à la maison, c’est bien mais quand je prends mon électricité chez Enercoop, je développe les énergies renouvelables, les entreprises et la formation qui vont avec. J’ai un effet structurant sur mon territoire. Elle est certes plus chère (on m’a dit 10 à 15 % mais je n’ai pas encore vérifié). Eh bien on sera doublement motivé pour nos économies d’énergie à la maison. Ce ne sera pas plus mal.

L’argent
L’argent qui nourrit ma famille, peut aussi nourrir la société. Il suffit de changer de banque. Peu de banques sur le marché ont cet effet structurant sur la société. Il y a deux ans, le rapport des Amis de la Terre sur les banques concluait que deux établissements avaient un effet positif sur la société : la Nef et le Crédit coopératif. Ce rapport a été le coup de pouce définitif pour passer nos comptes au Crédit Coopératif*. La banque à qui je donnais mes liquidités depuis près de 20 ans nourrissait exactement ce que je combats tous les jours: les grands barrages, les producteurs d’armes à sous-munition, à uranium appauvri, les usines à papier et plantation d’eucalyptus, les nouveaux chantiers pétroliers… Et mon argent servait à nourrir tout cela?

L’alimentation
Enercoop, Crédit Coop…. en menant cette réflexion ce matin en revenant de l’école de mon fils, j’ai pensé au troisième “coop” qui figure dans nos consommations principales: Biocoop. Le réseau Biocoop est le premier réseau historique de distribution nationale du bio. Il est fondé sur une charte, il a sa plateforme de distribution indépendante, (il propose en plus du vrac !) et il est le principal réseau de distribution des producteurs et transformateurs pionniers du bio. Il a fondé une marque distributeur “ensemble” avec le syndicat des producteurs biologiques (la FNAB) pour structurer la filière sur le territoire. Dans notre Biocoop, nous préférons systématiquement ces produits. Acheter bio, où que ce soit, c’est déjà développer la filière, c’est un grand pas. Acheter dans des réseaux qui la structurent, c’est démultiplier l’action de son achat.

L’information
Passons à la consommation de l’information maintenant. On peut s’informer, on peut aussi devenir soi-même media pour diffuser cette information et démultiplier sa portée. Le blog permet le partage de la réflexion. Facebook doit avoir une immense portée aussi mais je n’y ai pas encore mis les pieds alors je n’en parlerai pas:). Mais j’ai récemment découvert twitter. Chaque article que je trouve intéressant, je le passe sur mon fil twitter. Mes abonnés peuvent alors le lire. Twitter permet ainsi d’avoir accès à une information déjà sélectionnée. Twitter est devenu une de mes principales sources de d’information: je suis abonnée à un tas de fils nourris par des gens brillants, experts dans leur catégorie, qui filtrent l’info - ces gens sont si divers qu’ils me distribuent une info que je ne serais pas allée chercher moi-même. C’est à Copenhague dans le Fresh Air Center (dont Anne-Sophie vous a si brillamment parlé dans son billet de lundi) et en regardant justement Anne-Sophie travailler - elle retwitte systématiquement ce qui l’intéresse - que j’ai compris cela: lire les media, c’est très bien. Devenir soi-même media, c’est démultiplier la portée de l’information.

Energie, argent, alimentation, information, plus j’écris ces lignes, plus je suis convaincue qu’un tas d’autres exemples de “consommation structurante” existent. C’est dans ce genre de billet qu’on attend avec encore plus d’impatience les commentaires qui apportent vos propres idées ! :-)



mercredi 6 janvier 2010

Chez ecolo-info demain


C'est mon tour d'écriture sur Ecolo-Info. Pas de billet ici donc ce soir, je viens d'écrire "la consommation structurante" qui sera normalement publié sur EI demain. Mais c'est un peu aussi, dans un tout autre genre, les suites de Copenhague... ;)



mardi 5 janvier 2010

Copenhague : élan ou échec ? (1/?)


Ce billet sera probablement le premier d'une série. Le sujet est vaste, l'expérience de Copenhague a été forte... et je ne sais pas bien comment commencer. Je vais peut-être tout simplement essayer de la raconter.

Je suis allée à Copenhague du 10 au 19 décembre. Nous devions suivre le sommet avec Anne Sophie pour le climatoblog (blog dédié et allié aux sites youphil.fr, slate.fr et ecoloinfo.com) et le mouvement tcktcktckt grâce auquel nous avons obtenu nos accréditations. Je suis arrivée quelques jours après le début du sommet et partie le lendemain de la clôture. Pendant ces dix jours, je n'ai fait, comme tous ceux qui étaient là avec moi, autour de moi (notamment Anne So, d'Ecolo-Info, et Laure de Libé, copines de longue date maintenant) que cela : suivre le sommet, voir les acteurs, et il était impossible de tout suivre seul. Nous étions en fait une armada à se répartir les tâches, suivre les négos, les couloirs, analyser.... en travaillant ensemble sans forcément se connaître. En étant connectés aux blogs des uns, aux journaux des autres, et aux twits toute la journée.

Anne Sophie vient d'écrire sur ce sujet aujourd'hui : la force du media participatif, son importance cruciale dans les sujets écologiques, que l'on a vécue très fortement à Copenhague.

L'arrivée à Copenhague était saisissante. La ville semblait battre au rythme de l'espoir que suscitait le sommet. Chaque place majeure était l'occasion d'une exposition.


L'exposition des "Terre", Copenhague 2009

Dans le metro, des agents vous accueillaient et pour peu que vous soyez munis d'un badge (les fameuses accréditations pour le Bella Center le centre des négociations - nous étions 45000 à en avoir une !) les transports devenaient gratuits. Tout ce que le monde pouvait comporter de personnes les plus engagées pour le climat était rassemblé dans quelques km2. Et c'est comme ça que les rencontres improbables devenaient possibles. La preuve ? Rajendra Pachauri, le président du GIEC (faut-il le dire ? !!) croisé dans le métro !

Avec Anne-Sophie


Avec moi ! :-)

Dans le Bella, vous aviez l'impression de voir la diversité du monde réunie. C'était la première semaine. Les élus n'étaient pas encore arrivés, seuls les négociateurs (les "sherpas") travaillaient et on croisait dans les couloirs bon nombres d'observateur des ONG.





Chaque groupe avait son centre, comme des QG dans la ville : les ONG étaient rassemblées au Klimaforum, les négociateurs politiques au Bella, les entreprises ont tenu leur salon, le Bright Green, les maires le leur quelques jours plus tard, les blogueurs étaient réunis au Fresh Air center, les medias se dispatchaient dans la ville surtout lors des manifs, on les voyait au Klimaforum et surtout au Bella. Chacun de ces groupes a joué une importance cruciale, chacun selon son rôle. Le plus surprenant était de constater combien chacun de ces QG dégageait sa personnalité, avec des méthodes de travail bien différentes. Il y avait des passerelles entre ces groupes, des membres d'ONG ou des blogueurs négociateurs, des blogueurs fédérateurs des ONG (Avaaz, 350.org...) etc.
Le Fresh Air center, mon QG ;)

Je vous ferais bien une carte de Copenhague en situant tous ces QG mais ça me prendrait des plombes. En fait, ça ressemblerait assez à ça !

(Et le village a bien résisté aux envahisseurs... )

La suite demain. il est plus de minuit et j'ai pris des bonnes résolutions pour 2009 dont rebloguer ;) et me coucher aussi plus tôt !



lundi 4 janvier 2010

I feel mother earth




Diverses versions du même collectif - Dangerglobalwarming - ici : http://www.youtube.com/user/DangerGlobalWarming

Personnellement, j'aime beaucoup même pour commencer un lundi -qui plus est le premier de l'année ;) . Mais pour ceux que ça déprime, voici ce que j'ai trouvé de moins angoissant sur le net ce matin pour "mother Earth" :



Le titre de Within Temptation bien sûr que vous pouvez voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=reGlno9aUpw*

Et par Sati Kobashi "Mother Earth I Feel You Under My Feet" . Magnifique, allez voir sa galerie sur Flickr aussi.*

* disponible en lien seulement, désolée...

Merci à Libé_copenhague (twit de Laure Noualhat notamment - blog 6 pieds sur Terre)- ) par lequel j'ai découvert cette video et ce collectif.



vendredi 1 janvier 2010

Très bonne année 2010 à tous !


Je n'aime pas faire des voeux généralistes. Mais ici, nous avons tous un point commun : vouloir que l'écologie prenne sa place dans les décisions politiques, industrielles et citoyennes. Nous voulons qu'elle arrive au coeur du prisme d'analyse des medias, qu'ils expliquent, qu'ils dénoncent et qu'ils soient le lieu de la réflexion collective sur ce sujet comme sur les autres. Tout est si lié !

Copenhague a été un échec. Les lobbys du pétrole ont sabré le champagne, parait-il dans les couloirs même du Bella Center, le centre des négociations, le soir de clôture. Les pays de l'Opep n'ont pas non plus caché leur joie. La satisfaction de ceux-là est bien la preuve d'une défaite pour nous.

Mais Copenhague n'en a pas été moins un tournant : on ne parle plus de l'écologie comme avant. On n'en parlera plus comme avant. Beaucoup de gens ont compris que nous étions dans un même bateau, ce qui n'était pas si évident jusqu'ici. Nous aurons donc, nous qui nous nous mobilisons chaque jour, qui avons créé des associations, qui en avons fait notre métier, qui lançons des actions, de plus en plus d'auditeurs.

Je nous souhaite donc une très bonne année à nous tous, pleine de rencontres et de nouvelles amitiés autour de ce combat qui est le nôtre.

BONNE ANNEE !!

Isabelle