En écho au billet précédent : cette news trouvée sur le site de catnat.net (sur abonnement) :
D'après un estimation présentée à l'occasion de la conférence de l'Union européenne des géosciences, la fonte des glaciers et des banquises et le réchauffement de l'eau pourraient faire s'élever le niveau des océans de 80 cm à 1,5 m avant la fin du siècle, faisant des dizaines de millions de réfugiés climatiques, montrent des scientifiques. Cette estimation est trois fois supérieure à celle formulée l'an dernier par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).
Cette étude s'appuie sur les travaux du laboratoire océanographique britannique Proudman, dont l'une des chercheuses, a évoqué un rythme accéléré de hausse du niveau des océans. Après 2 cm au XVIIIe siècle, 6 cm au XIXe et 19 cm au siècle dernier, le niveau pourrait s'élever de 80 cm à 1,5 m d'ici à 2100.
Simon Holgate, lui aussi chercheur au laboratoire Proudman, a estimé que les prévisions du Giec, qui parle de 18 cm à 59 cm pour le XXIe siècle, étaient "des sous-estimations".
Si le niveau d'augmentation fait encore l'objet de débats, les scientifiques s'accordent à penser que les régions du monde qui en souffriront le plus sont les pays en développement d'Afrique et d'Asie, où les moyens manquent pour édifier des défenses contre les inondations.
Si le niveau des mers augmente d'un mètre, 72 millions de Chinois seront déplacés, ainsi que 10% de la population vietnamienne par exemple.
Source: UEG
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de Isabelle Delannoy
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changement climatique océans
L'article qui suit fait peur mais il n'est pas étonnant, tant on observe une accélération des phénomènes. Aujourd'hui, la présentation d'une autre étude à la conférence de l'Union Européenne des geosciences prévenait que l'augmentation du niveau de la mer pourrait être trois fois plus forte que prévue. Où que l'on regarde -fonte du Groënland et de la banquise au Nord, de l'Antarctique au Sud...- les phénomènes s'accélèrent.
Et pendant ce temps, si Bush reconnait désormais le changement climatique, il ne fixe toujours aucune contrainte et parle d'
"arrêter la croissance des émissions américaines à partir de ... 2025."
Vous comprendrez à la lecture de ce qui suit combien cette position est insuffisante.
(Agence Science-Presse) Pascal Lapointe – James Hansen rides again. L’homme que la NASA —sans parler de la Maison-Blanche— aurait aimé ne pas entendre, publie une autre recherche, insistant cette fois sur le fait que la « zone de sécurité » pour notre planète, nous l’aurions dépassée depuis 20 ans.
Il s’agit d’une limite symbolique, contestable mais utilisée comme base de calcul dans le monde entier : la quantité totale de dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui, si elle était dépassée, signifierait un emballement du climat. Selon James Hansen et huit co-auteurs, cette limite serait de 350 parties par million; or, comme le savent les climatologues, ce chiffre, nous l’avons dépassé il y a 20 ans (nous sommes actuellement à 385).
Qu’est-ce qui nous pend au bout du nez? Difficile à dire, mais en attendant, cette analyse, qui n’est encore qu’une version préliminaire, obtient une écoute beaucoup plus élevée (par exemple, dans le New York Times) parce qu’elle provient de James Hansen lui-même. Climatologue à l’emploi de la NASA, il a été l’un des premiers de sa discipline à tirer la sonnette d’alarme —c’était en 1988. Depuis, il est devenu l’un des climatologues les plus réputés du monde —ce qui a rendu encore plus choquantes les tentatives du gouvernement américain, en 2005, de limiter ses contacts avec la presse, parce que ses « opinions » allaient à l’encontre de l’idéologie de la Maison-Blanche
S’il a raison cette fois encore, cela signifie que 350 parties par million serait « le » chiffre à retenir : le chiffre qui définira notre futur.
550, 450 ou 350?
Il y a deux décennies que de nombreux climatologues tentent de le cerner, ce chiffre-magique : le chiffre en-dessous duquel nous pouvons pousser un soupir de soulagement, mais au-delà duquel plusieurs de nos descendants seront damnés. Il n’est pas facile à définir : combien de parties par million de CO2 dans l’atmosphère faut-il, pour ajouter un dixième de degré Celsius à l’équation? Et combien de dixièmes de degré Celsius faut-il pour que la machine climatique ne dérape?
Jusqu’à la révolution industrielle, il y a deux siècles, le niveau de CO2 dans l’atmosphère était demeuré, pendant environ 10 000 ans, aux environs de 275 parties par million. Dans les années 1990, l’essentiel des simulations ont tenté d’évaluer ce qui se passerait si ce chiffre devait doubler —donc, atteindre 550 parties par million. Et c’est pourquoi 550 parties par million (PPM) ont longtemps été considérées comme étant « la » ligne à ne pas franchir.
Sauf qu’au cours des cinq dernières années, les études semblant démontrer que la planète se « déréglait » plus vite que prévu ont convaincu plusieurs que 450 parties serait une limite-à -ne-pas-franchir plus prudente. L’Union européenne, entre autres, a basé ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre sur ces 450. Ne pas la franchir demeure, au moment où vous lisez ces lignes, un objectif réalisable, quoiqu’il s’amenuise de plus en plus, avec chaque nouvelle centrale au charbon.
Donc, si James Hansen a raison, la limite-à -ne-pas-franchir devrait être encore abaissée, à 350 —et nous l’avons franchi depuis 20 ans. Nous sommes actuellement à 385, et ça monte toujours...
« Si nous continuons sur notre lancée, à utiliser des carburants fossiles pour nourrir un appétit croissant pour des modes de vie dévoreurs d’énergie », nous quitterons bientôt le climat de l’Holocène, cette période qui a accompagné les humains depuis la préhistoire, pour entrer dans une nouvelle période, qui « serait probablement une planète presque libre de glaces », écrit-il dans cette étude, qui a d’abord fait l’objet d’une conférence en décembre et est pour l’instant uniquement publiée en ligne.
« Le délai de réponse du climat est certainement plus rapide que la durée de vie des perturbations atmosphériques causées par le CO2 ». Autrement dit : ce que nous envoyons là -haut y restera longtemps, mais la « réaction » de la Terre, elle, pourrait survenir bien plus vite... Sa recommandation : se fixer un objectif de réduction des gaz à effet de serre tel qu’il ramènerait les concentrations de CO2 à 350 PPM, plutôt que de se contenter de viser 450. Pas facile, considérant que même un maximum de 450 reste, pour l’instant, un voeu pieux...
Article publié le 28 mars dernier
ici, sur le site québécois de l'agence science presse
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de Isabelle Delannoy
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changement climatique
Par Tom Brown Reuters - Dimanche 6 avril, 10h04
MIAMI (Reuters) - Mario Molina, lauréat du prix Nobel de chimie et l'un des premiers à avoir tiré la sonnette d'alarme sur le trou dans la couche d'ozone, a lancé samedi une mise en garde sur le réchauffement climatique, estimant qu'un réchauffement de la Terre dépassant 2,5°C aurait des "conséquences presque irréversibles".
"Il y a un changement et il ne fait aucun doute qu'il résulte des activités humaines", a déclaré ce chercheur mexicain qui a partagé un prix Nobel en 1995 pour des travaux sur les gaz CFC et la menace qu'ils représentent pour la couche d'ozone.
"Bien avant qu'on n'ait plus de pétrole, on n'aura plus d'atmosphère."
Lors d'un débat sur le changement climatique organisé à l'occasion de la réunion annuelle à Miami de la Banque de développement inter-américaine il a estimé que l'augmentation de l'intensité des ouragans était l'une des modifications les plus inquiétantes que les chercheurs aient reliées au réchauffement climatique observé ces 30 dernières années.
DES "POINTS DE BASCULEMENT" QU'IL NE FAUT PAS ATTEINDRE
Il n'a pas détaillé les effets à ce jour de la hausse de la température de la Terre, d'un peu moins d'1°C au cours du siècle passé. Mais il a déclaré que des "points de basculement" seraient atteints si les températures continuaient à augmenter, et notamment des changements ingérables de l'environnement de la Terre.
Molina a expliqué par la suite à Reuters qu'une grande incertitude planait sur le réchauffement que la planète peut encore supporter avant que la situation ne devienne critique.
"La température peut bien changer progressivement, la situation peut changer d'un seul coup, brutalement", a-t-il dit.
"Essayer de le maintenir (le réchauffement) sous la barre des deux degrés (Celsius) signifie que nous voulons limiter le changement à deux ou trois fois ce qui s'est déjà produit. Parce qu'un changement moindre est irréaliste, en raison de ce que nous avons déjà fait.
"L'idée consistant à contenir le changement climatique en-dessous de 2,5 (°C) vise précisément à réduire la possibilité d'atteindre ces points de basculement."
Il a estimé qu'un réchauffement dépassant ce seuil représenterait "un risque qui n'est pas acceptable pour la société".
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Ca commence à me saouler cette commémoration de 68. Ca me fait penser à la dernière fois que je suis allée en montagne où un car de retraités (allemands) a envahi un restaurant pour y chanter ses chansons (allemandes) et ennuyer (tout) le monde. je n'ai rien contre les retraités (ni les allemands) mais bon... ceux qui avaient 20 ans en 68 en ont 60 maintenant. Qu'ils prennent un car en coeur, aillent chanter ce qu'ils veulent autour d'un tas de pavés s'ils le souhaitent et se déguisent même en bitnik si ça leur fait du bien... mais ouh ! de l'air s'il vous plait.
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de Isabelle Delannoy
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Certains d'entre-vous connaissent déjà cette histoire : dans une zone de convergence des courants située entre la Californie et les îles Hawaî, les déchets plastique s'accumulent en une zone immense mais difficile à mesurer exactement. Les macrodéchets posent des problèmes directs sur de nombreux mammifères et tortues marins qui s'étouffent s'étranglent... Mais les fines particules issues de la fragmentation des objets plastiques posent un problème plus grave encore : ils sont absorbés par les animaux, y compris les mollusques filtreurs (moules, huitres...) et le plancton marin sans être dégradés. Cette pollution commence à être observée dans de nombreuses régions du monde. Le journal du Monde dans son édition d'aujourd'hui vient de publier le reportage le plus complet que j'ai jamais lu en français sur cette question :
Voyage dans la poubelle du Pacifique et
"Le plastique accumule les polluants". A lire
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de Isabelle Delannoy
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océans pollution
Dans quelques heures, nous irons voter. Dans 20h environ nous aurons les premiers résultats. On nous parle d'un raz-de-marée des socialistes et d'un vote sanction de la droite. je n'y crois pas. Les socialistes sont dans un flou total et ne propose aucune ligne politique claire, et surtout me semble-t-il aucune ligne correspondant à la réalité d'aujourd'hui : il y a un bond d'époque à faire, et il n'émane d'eux rien de nouveau. Pour la droite, les jeux ne sont pas faits : l'opinion publique sanctionne la personne de N. Sarkozy, il ne me semble pas qu'elle y amalgame son parti.
Comment savoir si l'environnement pèse dans le vote ?
Demain soir, nous aurons une lecture médiatique de l'élection droite / gauche comme d'habitude. Malheureusement, je pense qu'il n'y aura pas d'analyse sur les contenus des programmes et notamment sur leur teneur environnementale. Parmi les villes très engagées sur l'environnement, on trouve des municipalités de tout bord. La ligne droite / gauche n'est donc pas une bon angle d'analyse sur ce sujet. De même, le vote pour des partis écologistes comme les Verts ou cap 21 ne sera pas forcément marqué puisqu'au niveau local des maires d'autres partis peuvent tirer les bénéfices des actions menées par leurs adjoints moins identifiables.
Le cas est typique à Paris : les parisiens satisfaits de la politique menée pour les transports et les espaces verts à Paris attribueront-ils cette satisfaction à l'action de Delanoë (PS), le maire ? ou à celle de Denis Baupin (vert), l' adjoint au transport depuis le début, responsable de cette politique, mais moins médiatisé ?
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de Isabelle Delannoy
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J'ai publié ce texte -peu ou prou- en septembre. Mais suite à qulques commentaires sur mes derniers billets, il me semble encore particulièrement d'actualité.
Aujourd'hui, il est reconnu qu'il n'y a plus de famines naturelles mais politiques. Ces famines sont dues à la guerre, à une instabilité des régimes ou à un manque de démocratie. En effet, on produit assez aujourd'hui pour nourrir 12 milliards d'habitants et nous ne sommes que 6 milliards. Pourtant, 854 millions de personnes ont encore faim dans le monde. Il ne s'agit pas de famines, touchant des populations entières, mais de la sous-nutrition qui touche des individus, des familles alors même qu'ils peuvent vivre à côté de montagnes de nourriture. Plus choquant, les deux-tiers de ces affamés sont ceux-là même qui cultivent la terre, des paysans.
Il faut comprendre qu'on parle bien de la faim. L'accès à la nourriture est un besoin premier, élémentaire, qui conditionne la dignité humaine : quand on a le ventre vide, on a qu'une chose en tête, le remplir.
Dans un monde d'une telle abondance, la persistance de la faim est un scandale.
Pour l'expliquer, il faut d'abord faire un petit état des lieux de la réalité du système agricole aujourd'hui, qui a davantage évolué ces 50 dernières années que pendant les 10 000 ans de son histoire. Il faut ensuite comprendre que la faim contemporaine est liée aux échanges alimentaires mondiaux et à la disparition des politiques alimentaires dans de nombreux pays. Un homme n'a plus faim parce qu'il habite dans une terre de pénuerie, il a faim parce qu'il est pauvre et non solvable.
L'évolution de l'agriculture depuis les années 1950
Avec l'apport de l'industrie chimique (engrais, pesticides) et de l'irrigation, la production alimentaire s'affranchit des contraintes climatiques et géographiques. Les cultures les plus rentables peuvent être pratiquées d'un bout à l'autre de la planète et s'échanger au niveau mondial. La deuxième moitié du Xxe siècle a vu ainsi une accélération de la globalisation alimentaire. Le transport de denrées alimentaire d'un bout à l'autre de la planète ne s'est plus limitée à quelques denrées annexes, comme le sucre, le café, les épices, etc. Il s'est étendu aux denrées de base, telles les céréales, les fruits les légumes et, pour les populations les plus aisées, la viande.
D'une agriculture nourricière et locale, nous sommes passés pendant la deuxième moitié du Xxe siècle à une agriculture de plus en plus financière et internationalisée : les cultures mécanisées et chimisées se sont ainsi étendues dans les pays où la terre était la plus accessible. C'est à dire des terres dont il était facile d'obtenir la propriété, soit en déplaçant les populations locales traditionnellement utilisatrice des terres, mais non propriétaires (Afrique, Amérique du sud, Asie), soit en déforestant. Sur ces continents, les exploitations agricoles peuvent atteindre plusieurs milliers d'hectares et sont souvent détenues par des fonds d'investissement internationalisés pour qui ces cultures constituent un investissement rentable. En effet, la performance des moyens techniques employés, le faible coût de la main d'oeuvre, et la grandeur des surfaces permettent de produire à des coûts défiant toute concurrence.
Quelles conséquences pour les paysans de la planète ?
Il est difficile pour nous de l'imaginer, mais l'agriculture est encore le premier métier du monde - la moitié de la population mondiale vit de l'agriculture – et sur la planète, le tracteur est rare. On ne compte ainsi que 2 tracteurs pour 100 paysans dans le monde.
Les moyens apportés par l'industrie mécanique et l'industrie chimique ne sont pas à la portée de toutes les bourses : 8 paysans sur 10 travailent la terre avec la seule aide d'outils strictement manuels. 2 sur 10, plus fortunés ont des bêtes de somme, tandis qu'en proportion, la part des agriculteurs mécanisés est proche de 0.
Ainsi, alors qu'en 1950, l'écart de productivité entre les paysans les mieux et moins équipés était de 1 contre 10, il est aujourd'hui de 1 contre 2000.
Quelles sont les conséquences concrètes de ces disparités ?
Concrètement, cela signifie qu'il y a 2000 fois plus de travail dans un kilo de blé produit par un paysan pauvre de pays pauvre que dans un kilo produit sur les grandes exploitations les plus modernes.
Ce ne serait pas tant un problème si ces deux paquets se vendaient chacuns dans leurs pays de production. Mais avec la libre circulation des denrées quelque soient les frontières, ces productions se retrouvent côte à côte. Vous trouverez par exemple sur un marché de Lima le sac produit par le petit paysan péruvien des environs à côté de celui produit dans une énorme exploitation d'Australie. Mais dans l'un il y a 2000 fois plus de travail que dans l'autre. Dans ces conditions, comment survivre ?
Les familles paysannes peu outillées, frappés de plein fouet par cette distorsion de moyens, ne peuvent suivre la course. Ainsi aujourd'hui alors que l'on produit assez de nourriture pour nourrir 12 milliards de personnes, 854 millions souffrent de la faim. Les trois quarts d'entre elles sont des familes paysannes. Délogées de leurs terres ou confrontées à la distorsion de concurrence – deux phénomènes dûs à la l'ultralibéralisation des échanges alimentaires – ces familles sont contraintes un jour où l'autre à tenter leur chance ailleurs. C'est ainsi que plus d'1 million de personnes quittent leur terre chaque semaine pour rejoindre les bidonvilles.
Qu'en est-il pour les paysans d'Europe et d'Amérique du Nord : les subventions sont-elles la mère de tous les maux ?
On accuse souvent les subventions d'être responsables de cette distorsion de concurrence. En fait, les subventions européennes et américaines sont-elles mêmes une réponse à la distorsion de concurrence imposée par les agriculturs latifundistes cumulant mécanisation chimisation accessibilité des terres et pour la plupart main d'oeuvre à bas prix.
Ainsi, si les paysans d'Europe et d'Amérique du Nord sont mieux outillés que leurs homologues des pays pauvres, ils ne sont pas non plus concurrentiels dans l'agriculture mondialisée d'aujourd'hui. Leur agriculture ne peut survivre sans être soutenue par des aides publiques extrêmement importantes. En 2006, 77 % du revenu des agriculteurs français provenait ainsi des subventions publiques. Mais la répartition est inégale. Ce sont les grandes fermes des plaines qui concentrent les aides tandis que les agricultures de milieux plus difficiles peinent à se maintenir et tendent à disparaître. Ente 2000 et 2005, une ferme mettait la clé sous la porte toutes les 25 minutes. Quand aux exploitations restantes, seules subsistent les petites productions hyperspécialisées de luxe et les grandes exploitations condamnées à s'agrandir toujours davantage.
Fait intéressant bien qu'encore anecdotique, un troisième type d'exploitations apparaît qui semble sortir son épingle du jeu. Ce sont les exploitations qui justement se sont détournées du système de commercialisation traditionnel : elles organisent leur propre système de distribution, en lien direct avec le consommateur. On trouve notamment les AMAP (Association de maintien de l'agriculture paysanne) au sein desquelles paysans et consommateurs passent un contrat direct : les paysans s'engagent à fournir chaque semaine un panier alimentaire de qualité et de saison (cultivés sans pesticides, cueillis à point), le consommateur en contrepartie paie la production d'avance et à l'année. Ce système qui est né originellement au japon connaît un succès fulgurant : leur nombre double tous les 6 mois.
Réservoirs pleins et ventres vides ? Les conséquences de l'engouement pour les biocarburants
Mais revenons au système agricole mondialisé dominant. Un nouveau pion est entré dans le jeu qui en complique encore la donne : les biocarburants, que je préfère appeler agrocarburants, tellement ils n'ont rien de bio ni d'écologique jusqu'à présent. Les agro-carburants issus de la canne à sucre, de l'huile de palme, du maïs, de la betterave... sont produits en majorité sur des surfaces arables nobles et entrent en concurrence avec les surfaces alimentaires.
Ainsi, la hausse actuelle du cours des céréales est en partie due à la culture de biocarburants. En 2006, le prix de la tortilla de maïs au Mexique par exemple, a augmenté de 14 %.
La FAO estime que dans les pays pauvres, le panier d'importations alimentaires coûtera en moyenne cette année 90 % de plus qu'en 2000 ! D'après la FAO, si la facture mondiale des importations alimentaires s'alourdit, c'est «principalement en raison de la forte demande sur les biocarburants qui dope les prix» en particulier ceux des céréales et des oléagineux (huile et tourteaux).
De plus, l'engouement pour les agrocarburants accélère le phénomène présenté précédemment : les paysans ou peuples occupant traditionnellement des terres forestières sont délogés en Indonésie pour l'huile de palme, au Brésil pour la canne à sucre.
Présentés tout d'abord comme une solution écologique à la crise pétrolière, les biocarburants sont à présent de plus en plus contestés. Leur bilan énergétique et économique global apparaît moins bon que prévu car ils sont gourmands en énergie, coûteux à cultiver, à collecter et à transformer. Et surtout, ils instaurent une concurrence redoutable entre cultures énergétiques et cultures alimentaires.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) note que, si leur production augmente encore de manière significative, les besoins en terres seront considérables. Sur la base des consommations de 2004, il faudrait en effet cultiver six fois la surface terrestre si on voulait remplacer tous les carburants fossiles par des biocarburants ! Pour faire le plein d'un gros 4x4 avec de l'éthanol pur, il faut plus de 200 kg de maïs, soit assez de calories pour nourrir une personne pendant un an. La demande de céréales comme le maïs ou le soja à des fins énergétiques tire les cours mondiaux à la hausse et réduit la disponibilité de céréales alimentaires. Par ricochet, les cours de toutes les céréales, y compris celles dont on ne tire pas de biocarburants comme le riz, sont tirés vers le haut. Ce qui pénalise les consommateurs des pays africains à faibles revenus et gros importateurs.
En conclusion : Définir des politiques alimentaires
Pour les produits de première nécessité, les lois du libre-échange sont calamiteuses. Ne permettant qu'aux personnes solvables de s'approvisionner en produits considérés, elles sont tout à fait inadaptées aux besoins premiers telles la nourriture et l'eau... à moins de considérer que la richesse ou la pauvreté ne définissent le droit à l'existence. Si dans les textes internationaux, ce type de valeur est honni, dans la réalité concrète de l'économie actuelle, il est plébiscité. Cependant, ni les pays européens ni les américains n'appliquent le libre échangisme strict puisqu'ils subventionnent largement leurs agriculteurs. Mais telles qu'elles sont définies aujourd'hui, les subventions ne font que nourrir la distorsion de concurrence pour les paysans les plus pauvres de la planète -y compris les petits paysans occidentaux- et provoquent de plus de graves dysfonctionnements en interne. Néanmoins, la définition de politiques alimentaires au niveau des états ou de groupes d'états homogènes (telle l'Union Européenne) est indispensable pour assurer la survie des agricultures locales dans tous les pays du monde. Avec l'arrivée des agro-carburants, l'urgence de telles politique est encore plus grande.
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de Isabelle Delannoy
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agriculture économie
Je viens de découvrir une télé-blog très pratique sur l'économie écologique et au nom très rigolo
"Zemediavert".Pour tous ceux qui veulent éco rénover une maison, une grange

, un appart... ou qui se grattent la tête entre la chaudière à granulé ou la pompe à chaleur.... ça a l'air pas mal du tout.
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de Isabelle Delannoy
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