eco-echos

développement durable & autres considérations

jeudi 17 septembre 2009

Entre un clavier à Paris et des murs à Bogotà



J'étais en pleine discussion avec M. Mon Homme sur l'écriture. Les phases d'écriture sont toujours très douloureuses -en tous cas pour moi- et quand j'y suis, je me retranche, je fais une tête de trois pieds de long, je n'existe plus sauf à plomber l'ambiance... Toujours la peur de ne pas y arriver etc. Surtout dans l'écriture du commentaire de documentaire (j'y suis en ce moment). Brasser les belles idées, les projets, les concepts... ah ah ! Mais quand il s'agit de se mettre à la table pour les sortir de façon intelligible, sensible, mot par mot, c'est une sorte de descente à la mine, dure, sombre. Les mots ne ressemblent plus à rien, ils sont à aller chercher à la pioche, au piton. Ils se cachent, ils s'enlisent... Bref en phase d'écriture, je me plains sans cesse, je deviens pleurnicheuse, je vois tout en noir... "c'est le dernier que je fais je crois" dis-je à Mon Homme. Sur ce, j'ouvre mes mails, et je trouve celui-ci :


Ci-dessous une demande d’une jeune artiste de Bogota pour utiliser des passages du commentaire de Home* en espagnol pour l’écrire sur les murs de la ville et le rendre accessible à la population...
OK pour vous ?

Oui Madame tous les "OK" du monde, et tous les merci, merci, merci !

* écrit avec Tewfik Farès et Yann Arthus-Bertrand : on se partage l'honneur :)



Pour faire un tracback sur ce billet : http://www.eco-echos.com/dotclear/tb.php?id=444

Commentaires :

SoAnn, le jeudi 17 septembre 2009 à 22:58 :

Ah mais nan Isa c'est pas possible, si tu commences à chercher tes mots avec une pioche pour écrire sur les murs en Espagnol, je crois vraiment que tu dois faire une pause;-)

Courage courage! Je crois que je dois avoir le même genre de tête - et d'humeur - actuellement.

Messieurs nos hommes, mille et une excuses;-)


Jean, le dimanche 27 septembre 2009 à 15:50 :

L'écriture... Oui, c'est une forme qui ne se laisse pas faire. Comme si ton texte était déjà écrit quelque part et qu'il te faille aller le chercher. Je ne sais plus qui a dit ou écrit : "le style, c'est l'homme." Pas du tout, le style, c'est le style. Point. L'homme (l'écrivain) le constate. Et ça suffit. Quel idiot irait s'identifier à son style ?

Reste que tes billets ici sont bien écrits et c'est l'une des raisons de mes visites. Bon courage.

isabelle, le dimanche 27 septembre 2009 à 16:02 :

merci Jean ! Je ne sais pas en effet ce que c'est que le style. Je cherche la justesse, l'image, d'allumer des lumières dans le cerveau qui fassent tout à coup connexion. Bises

Jean, le dimanche 27 septembre 2009 à 20:44 :

C'est nous qui te remercions, Isabelle.

Tiens, histoire de respirer et se détendre une minute, cela te plairait peut-être, ainsi qu'aux passants, de voir à quoi ressemble mon hôtel à insectes. Si c'est le cas, clic sur : www.terrevivante.org/735-... Ensuite, tu déroules la page jusqu'au titre repris de mon courrier aux "Quatre Saisons du Jardin Bio" : "Un hôtel à insectes, c'est beau et ça marche."

@ Di Girolamo, avec retard. Je suis allé sur ton blog. Je n'ai pas de compte Google pour y laisser des commentaires. En région parisienne, nous en sommes à deux mois de sécheresse. Heureusement, j'ai une petite source qui ne s'est encore jamais tarie.

Sur Contre info. Le témoignage de Constance Okollet, une agricultrice de l’est de l’Ouganda : « Le changement climatique tue mon peuple » contreinfo.info/article.p... Ce témoignage pourrait peut-être amuser Claude Allègre - qui aurait (selon un article de Libé) traité Nicolas Hulot d'imbécile. La différence entre Hulot et Allègre, c’est qu’Hulot sait tandis qu’Allègre pense - et pense mal. Malheureusement, ce sont les Allègre qui font encore trop la pluie et le beau temps pour le moment, d’où la prospérité et la suffisance de ce pitre médiatique, tandis que Nicolas n’irait pas très bien. Je viens de le voir quelques minutes chez Drucker. Je comprend le malaise de Nicolas, nous sommes tellement, tellement loin du compte et de ce qu’il faudrait faire.

Il n’y aura pas de solution sans partage. Or, la droite est cramponnée à ses privilèges. Pour le moment, le peuple subit au point qu’on se demande s’il existe encore. On le sait, le peuple, c’est un peu comme les volcans.

Jean, le mercredi 30 septembre 2009 à 12:29 :

Sur son blog « Effets de Terre », Denis Delbecq réagit aux déclarations récentes d'Allègre. Son billet commence par : "Le pitre a encore frappé." Ce n’est pas moi qui le dit. Denis D. démontre qu’Allègre est un scientifique capable de dire n'importe quoi. Quand on pense aux enjeux, la position d’Allègre sur le climat est criminelle. Comme est criminel, à sa mesure, « le principe de la mobilité des cadres de France Télécom tous les trois ans ». Principe destiné en fait à les casser et à empêcher qu’ils s’organisent solidairement.

Di Girolamo, le mercredi 30 septembre 2009 à 16:44 :

@ jean
Merci de ta visite ; ce blog n'est actuellement (depuis qqjours ) qu'un lieu où je place qq articles qui me semblent intéressants ; mais le but du jeu est d'en faire un site /blog territorial dans le cadre d'un outil de développement public officiel (le pays); qui existe déjà mais est pour l'instant surtout un guichet de subvention ; l'idée est d'en faire un lieu de réflexion et de projet de territoire ; on rejoint mon idée d'outil public de recherche et développement sociétal ; disons qu'il y a les structures , reste à suciter l'envie et à faire vivre les structures dans ce sens là ; le conseil citoyen où je suis propose actuellement cela aux élus ; le blog et les projets devraient décoller à l'embauche d'un animateur et à la volonté politique des élus locaux qui sera clairement sollicité par la présentation d'une fiche action.
Tu peux commenter sans abonnement ; de toute manière actuellement c'est très très peu fréquenté . Déjà qu'ici chez ISA on est pas si nombreux !un blog local doit vraiment faire un travail de fond mobilIsateur et se coupler avec un projet .Le travail reste à faire .

Jean, le lundi 5 octobre 2009 à 21:48 :

Isabellle. J'ai vu sur Terre.Tv la bande annonce du film de N. Hulot : "Le syndrome du Titanic". Bien sûr, j'ai pensé à "Home". Les images - choc et parlantes - sont aussi très belles. Nicolas dit dans cette bande annonce que : "Le modèle économique dominant n'est pas la solution mais le problème", que "le superflu des uns est sans limites alors que l'essentiel des autres n'est même pas satisfait", que 3 milliards d'êtres humains ont moins de 2 dollars par jour pendant qu'une poignée de fortunes concentrent autant d'argent que tous les pays pauvres réunis, qu'on "ne doit rien admettre de tout cela car c'est tout simplement inadmissible". Il se pose cette question : « Jusqu’où suis-je prêt à aller dans le renoncement ? »

J’ai lu quelque part qu’il passe du vert au rouge. Normal, on ne peut pas être un Vert conséquent sans être Rouge et réciproquement. Quand les salauds sont au pouvoir, être rouge signifie tout simplement être humain. Toutefois, Nicolas n’est évidemment pas rouge. Il est humain. Selon le Nouvel Obs, il parle (encore) à l’oreille de Sarkozy. Et reste par ailleurs très attaqué - ainsi que YAB - dans le journal "La décroissance" pour son positionnement (encore ?) apolitique et ses liens avec EDF et compagnie…

On peut évidemment discuter le positionnement de Nicolas. Je le crois sincère et pour moi il n’est pas un salaud. Même si la situation est différente, comme tous les écolos depuis le début des années 70, il crie dans le désert et se fait insulter (notamment par l’indécent Allègre qui n’ose pas encore prendre la carte de l’UMP). Si son alerte planétaire ne produit pas les effets escomptés, il n’en est pas responsable. Il ne peut pas prendre, à la place des politiques, les décisions qui s’imposent. Ce n’est pas sa faute si les socialistes ne se sont pas saisis de la question écologique quand ils étaient au pouvoir, et ce n’est pas sa faute si Sarkozy ne s’abonne pas à « La Décroissance ». Ainsi, un peu paradoxalement, certains s’en prennent plus à Hulot qu’à Sarkozy qui est le salaud en chef. Pour mémoire, j’appelle salaud celui qui favorise les riches au détriment des pauvres.

Coline Serreau prépare elle aussi un film : « La Terre vue de la Terre », je crois. Ce ne sont donc pas les informations qui manquent aux politiques ni au grand public. Ceci dit, s’il est teigneux, le journal « La Décroissance » fait un boulot que personne d’autre ne fait dans la presse. Et l’article du mois de Paul Ariès « La décroissance est-elle un ghetto ? » met les choses au point sur ce qu’est et ce que n’est pas la « décroissance » bien pensée.

Par ailleurs, après ton billet précédent que j’ai apprécié - je trouve vraiment bien que tu donnes des conférences devant des publics que j’imagine pas forcément gagnés d’avance -, je voulais tout de même dire que la notion de « développement durable » pose vraiment problème. Elle occulte celui des effets rebonds et un autre, plus grave encore. J’explique : dans un premier temps, on découvre et admet qu’il faut réduire les émissions de CO2. C’est l’objectif. Pour cela, on construit des lycées écolos au lieu de lycées gaspilleurs d’énergies fossiles. C’est bien, mais l’objectif devient la construction de lycées écolos (entre autres projets). Et pendant ce temps, on continue à brûler à vitesse grand V tout le pétrole restant. C’est le chemin que nous prenons et c’est la notion de développement durable qui couvre ce tour de passe-passe idéologique et avant qu'on se réveille la planète sera réchauffée au-delà du supportable.

Je viens de voir N. Hulot aux infos sur TF1. En gros, il a dit et répété ceci : il va falloir tenir compte des limites de la planète et PARTAGER. Il l'a dit. A la télévision. Sur TF1. Ceci devient un impératif. C’est un mot d’ordre. C’est la réponse au néolibéralisme destructeur de l’humain. Comme slogan, c’est facile à comprendre et beaucoup mieux que « décroissance » même si les décroissants considèrent eux aussi le partage comme un impératif. Non ? Merci de ton attention Isabelle. Et bon courage pour les travaux d'écriture.

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