eco-echos

développement durable & autres considérations

jeudi 8 octobre 2009

La réalité du réchauffement depasserait le pire des scénarios du GIEC


Abonnée du site spécialisé sur les catastrophes naturelles, catnat, je viens d'y trouver ce communiqué de presse du Met Office britannique, que je vous copie ci-dessous. C'est évidemment très inquiétant, et résonne avec ce que j'ai pu écrire plus tôt (notamment dans les billets sur Copenhague).

Jeudi, 01 Octobre 2009 09:36
Une étude réalisée par le Hadley Center au Met Office britannique, fait écho au rapport des Nations Unies de la semaine dernière qui a révélé que le changement climatique devançait les pires scénarios envisagés en 2007 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations Unies (GIEC).

Les résultats de cette étude montrent des tendances similaires à celles du GIEC, mais suggèrent aussi la possibilité de voir des changements extrêmes encore plus importants se produire.

Les dirigeants des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre ont admis en juillet 2009 le point de vue scientifique selon lequel pour éviter davantage de changements climatiques dangereux, les températures ne devraient pas excéder deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

Le GIEC a partagé en 2007 le prix Nobel de la Paix pour son quatrième rapport d’évaluation, ou AR4. L’une de ses conclusions était que les températures mondiales pourraient s’élever de quatre degrés à la fin des années 2050. L’étude britannique confirme que ce niveau de réchauffement pourrait se produire plus tôt, au milieu de la décennie 2050, et évoque des effets locaux plus importants.

Une des avancées notables depuis 2007 est la modélisation des effets des cycles carbone. Si, par exemple, une partie de la forêt tropicale amazonienne disparaissait après une sécheresse, les sols seraient exposés et relâcheraient alors du carbone provenant de la matière organique auparavant protégée du soleil.

La somme de dioxyde de carbone libérée dans l’atmosphère augmenterait alors et par là même le réchauffement global.

Les hausses de température sont comparées aux niveaux préindustriels. La planète s’est réchauffée de 0,7 degrés au XXème siècle, selon les scientifiques. Une augmentation moyenne mondiale de quatre degrés a masqué des augmentations régionales plus importantes, y compris des réchauffements de plus de 15 degrés dans certaines zones de l’Arctique, et jusqu’à 10 degrés de plus en Afrique de l’Ouest et du Nord, selon l’étude britannique.

Avec la fonte des glaciers, la région reflètera moins la lumière du soleil, ce qui peut contribuer à déclencher un effet d’emballement. Des telles températures dans l’Arctique pourraient aussi faire fondre le permafrost, qui a jusqu’ici piégé le méthane, ce puissant gaz à effet de serre, ce qui contribuera à déclencher des effets d’emballement.

L’étude indique que les précipitations de ce siècle pourraient chuter d’un cinquième ou plus dans certaines zones d'Afrique, d’Amérique centrale, de Méditerranée et d’Australie côtière ; il pourrait s’agir de résultats plus extrêmes que les conclusions du GIEC de 2007.

Source: Met Office



Pour faire un tracback sur ce billet : http://www.eco-echos.com/dotclear/tb.php?id=446

Commentaires :

Isabelle Delannoy, le jeudi 8 octobre 2009 à 13:25 :

Amath, le samedi 10 octobre 2009 à 02:27 :

je confirme. on a jamais eu aussi chaud que ces deux dernières semaines autant que je me souvienne.
par contre la pluies reviennent et depuis 2005 dakar a renoué avec les gros hyvernages commes nous les avons connu quand on était gamin.
ps: t'es plus "ma correspondante" ?

symbolum, le samedi 10 octobre 2009 à 22:28 :

Bonjour,

Déjà lors de la sortie de leur rapport, que vous nous aviez signalé, les experts du GIEC annonçaient une accélération du processus.
Aujourd'hui la Chine continue d'ouvrir des centrales à charbon, notre modèle consumériste continue son expansion et nos politiques et syndicalistes n'ont qu'un seul mot à la bouche le pouvoir d'achat.
La taxe carbone est ridiculement faible compte tenu des enjeux et montre combien nos gouvernants, confortablement installées dans leurs certitudes, sont à coté de la plaque. Ils pensent que mettre un peu de vert dans leurs programme est suffisant, pensant qu'ils peuvent convaincre le climat comme ils le font avec l'opinion publique.

La question se pose, comment pouvons nous influer sur le cours des évènements ?

La vie est belle ne la gâchons pas

A+

isabelle, le samedi 10 octobre 2009 à 23:06 :

Symbolum : je vais être franche, le moyen qui semble le plus dérisoire me semble le plus efficace : un buzz énorme d'individus, de citoyens. D'ici Copenhague, il me semble que chaque geste compte : aller télécharger le clip concocté par K. Anan sur Youtube qui équivaut à la signature d'une pétition, aller signer toutes les pétitions qui passent, voir tous les films sur le sujet qui passent, ceux qui snt sur audiométrie, regarder tout ce qui passe sur le sujet à la télé, sur les chaines en lignes sur le net, aller cliquer sur tous les articles se rapportant à l'écologie et létat des lieux de la planète dans les journaux sur internet et ainsi faire peu à peu monter la pression dans les rédactions. En parler autour de soi, organiser des débats autour de soit(Home est fait pour ça et il ne faut pas s'arrêter au copyright sur DVD).... C'est à dire FAIRE RéSONANCE.
En physique, le phénomène de résonance fait écrouler un pont qu'un coup de massue ne sait pas faire. Quelques hommes marchant d'un même pas sont plus efficaces qu'un buldozer. ces clics, ces signatures la participation aux flashmobs... sont plus efficaces qu'un film comme Home. Malgré les moyens, Home serait coup d'épée dans l'eau s'il ne rentre pas dans un système beaucoup plus vaste de résonnance. Il faut que nos dirigeants comprennent qu'ils ne sortiront pas indemnes d'un accord qui n'est pas à la hauteur.

comme vous : La vie est belle ne la gâchons pas ;)

Di Girolamo, le dimanche 11 octobre 2009 à 17:21 :

Isabelle
Les films sont fait pour alerter et faire prendre conscience ;mais on en voit la limite évidente ; fait regarder Home à un singe et il comprendra ce qu'il pourra ..parce qu'il est singe ; non que les hommes soient des singes , mais leur conscience , leur compréhension est entièrement subordonnée à ce qu'ils sont à un moment donné . Ils ne comprennent donc que ce qu'ils peuvent et veulent ; la prise de conscience ne peut donc pas passer seulement par le message parlé ,écrit ou visuel ; c'est un chemin de vie , c'est une action qui peut seule permettre ce réveil .
Il faut tout simplement proposer et expérimenter concrètement une autre société . Cette simplicité dans la logique est d'une grande complexité dans l'action ; par exemple , les exemples alternatifs individuels ou de groupes ne suffisent pas non plus parce que trop marginaux et non représentatifs de la société ; c'est dans la sphère publique qu'il faut agir ; au niveau de l'état c'est pour l'instant bloqué ; reste la sphère locale , régionale , communale, inter communale , la sphère des pays ; là dans un cadre public , avec les élus et les citoyens on peut faire de la recherche sociétale active et pouvant s'inscrire dans du concret et du collectif public . C'est extrèmement difficile parce qu'il y a des résistances énormes , et de tous bords ; mais c'est le seul chemin : changer la société par la base , assez vite pour que ça fuse et que de là on impose nos choix aux dirigeants .

Les films les pétitions sans ce travail de terrain sont aussi des écrans de fumées qui sur le fond ne change et ne proposent rien ; en tout cas pas un changement structurel profond de la société ni vrai projet alternatif.

La tenaille énergie Climat : cld-ardeche-verte.blogspo...

Jean, le lundi 12 octobre 2009 à 19:06 :

Isabelle, j'ai regardé le clip de K. Anan, il est émouvant et beau, et la musique est bonne. A diffuser, effectivement.

Di Girolamo, encore une fois, les films, pétitions, actions individuelles, etc, n'empêchent pas l'action locale. Je crois que nous savons combien elles sont difficiles à mettre en oeuvre. Il faut le faire quand même. Si cela n'aboutit pas toujours, cela prépare le terrain.

Di Girolamo, le mardi 13 octobre 2009 à 07:26 :

On ne doit pas se comprendre Jean ; des actions, locales ou nationales ou internationales , il y en a ! individuelles et collectives .Mais il n'y a pas d'espace de mise en cohérence , pas de lieu d'élaboration du projet de société,et de ce fait pas de proposition concrète d'alternative à l'organisation de notre actuelle société. Et cela au local comme au mondial ; il y a sur le plan intellectuel une sectorialisation de la pensée ,sur le plan des actions , des structures une multitude de choses , mais sur le plan politique , l'espace collectif sensé donner la direction : rien.Chacun travaille dans son coin ; au local je le vérifie ; c'est comme un théâtre où chacun joue son rôle et la pièce est inaudible ; l'action locale ce serait réunir l'ensemble ,du moins le plus grand nombre possible d'acteurs diversifiés autour d'une réflexion action concernant l'organisation du territoire local en lien avec les enjeux globaux.
Et bien cette action là , malgré le fait que des structures spécifiques existent pour la mener à bien , personne n'en veut , ni les citoyens , ni les élus ; on en reste à du faux semblant ; les fonds régionaux , européens sont soupoudrés et très souvent non utilisés .

Jean, le mardi 13 octobre 2009 à 20:48 :

Di Girolamo. Ah, je comprends mieux. De fait, sur un bateau qui prend l’eau dans la tempête et dont les mâts sont cassés, on s’attendrait à ce que le capitaine, ses seconds et l’équipage soient mobilisés et travaillent avec ardeur de façon coordonnée au sauvetage du navire. Et non pas à ce que chacun fasse un peu n’importe quoi dans son coin. Sans cette nécessaire mobilisation et sa non moins nécessaire organisation que tu appelles de tes vœux, est-ce que nous nous en sortirons ? Pas sûr.

L’équipage est compétent et brave. Il ne demanderait qu’à bien faire. Mais tu auras peut-être remarqué que le capitaine et ses seconds sont ivres d’eux-mêmes et de pouvoir, identifiés aux privilégiés dont ils sont les amis, et tous shootés à la croissance. Dans ces conditions, pas étonnant que l’équipage soit désemparé et divisé. Et celui qui appellera à la mobilisation de l’équipage sera regardé comme un fauteur de trouble.

Sur son blog, SuperNo met encore les pieds dans le plat à propos de Copenhague et de la vidéo de Kofi Anan qui l’énerve - mais il en parle, donc l’objectif est atteint… SuperNo rappelle que les scientifiques disent qu’il faut diviser par 4 les émissions de GES d’ici 2050. Que les politiques traduisent : diviser par 2. Et que la Commission Européenne prévoit dans son projet la multiplication par deux des émissions d’ici 2050 et un taux de CO2 dans l’atmosphère compris entre 900 et 1000 ppm. Donc, qui se moque du monde ? Et qui va payer la note ?

Sur contreinfo.info/article.p... : « Une nouvelle méthode d’analyse des sédiments a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. Il faut remonter 15 millions d’années en arrière pour trouver un niveau de CO2 proche des 387 ppm actuels. A cette époque, durant le Miocene, l’atmosphère contenait 400 ppm de CO2. Les températures étaient alors supérieures de 3 à 6°C par rapport à aujourd’hui, et le niveau des mers de 25 à 40 mètres. Selon ses auteurs, cette nouvelle étude apporte la preuve du très fort couplage entre niveau de CO2 et climat. »

Di Girolamo, le mardi 13 octobre 2009 à 22:06 :

@ jean

On ne peut pas compter sur sarko , ni poutine , ni les dirigeants chinois , ni même OBAMA qui a le prix nobel mais aura du mal à nous donner la paix ; les choses se feront par le bas ,sur le terrain ou ne se feront pas ; et pas n'importe quel terrain : la trop grande ville n'a plus les moyens d'agir : elle est coupée de la terre nourricière et ne peut vivre que sous la perfusion d'une agriculture et distribution industrielle ,du nucléaire etc c'est dans les pays , ruraux , urbains /ruraux qu'on peut encore agir et prouver et susciter la révolution . C'est à dire la contagion mutuelle et réciproque mondialisée de tous les pays .

Je dois te l'avouer je suis encore sous l'effet d'un petit vin blanc clôturant une réunion de pays qui pour une fois ne s'est pas mal passée du tout : avec des élus , des chargés de mission ,la chambre d'agriculture , pôle énergie etc (peu de citoyens lambda)

Jean, le mercredi 14 octobre 2009 à 13:48 :

Effectivement, on ne peut pas compter sur ces sinistres personnages ni trop compter sur Obama. Je présume qu'Isabelle est d'accord puisqu'elle attend beaucoup "d'un buzz énorme d'individus, de citoyens".

Les communes et les pays sont de bons échelons où l'individu et "la base" peuvent agir pour le changement. Mais il faudra que les dirigeants s'y mettent aussi, c'est à dire qu'ils y soient contraints par "le buzz" ou virés d'une façon ou d'une autre. J'utilisais une autre image que le buzz, celle de l'eau qui monte dans la mousse jusqu'à leur mouiller les fesses pour les faire se lever.

Ta réunion améliorée au petit vin blanc est une bonne nouvelle. J'espère qu'il était bio et du pays...

On a vu hier soir sur Arte le très bon et intelligent reportage de Laure Noualhat sur l'industrie nucléaire. On a vu ensuite au débat le porte-parole d'Areva dire qu'ils avaient cessé de la recevoir parce qu'elle est engagée. Il n'est pas engagé, lui ? Il est même très bien payé pour ça. En fait, ils ont cessé de la recevoir parce qu'elle faisait son boulot et posait trop de questions embarrassantes. Ce qui conviendrait à Areva, ce sont des journalistes complaisants, mieux des journalistes maison, mieux encore pas de journalistes du tout. L'arrogance, la malhonnêteté de ces gens-là... Qu'est-ce qui se perd sinon des coups de pieds au cul ? Il faudrait leur plonger la tête dans les boues des rivières polluées au plutonium. On découvre que le Corps des Mines qui tient l’affaire du nucléaire depuis le début a mis la France très en retard et la démocratie en danger, sans parler de la pollution radioactive disséminée partout ni des fameux déchets. C’est Corinne Lepage qui le dit. Elle n’est pas une révolutionnaire, que je sache.

isabelle, le mercredi 14 octobre 2009 à 21:54 :

perso, je pense qu'il faut de tout, et qu'aujourd'hui il manque en effet de projection dans du positif, ce que le "nouveau monde pourrait apporter.
A la fin, de mon comm je vous copierai des commentaires que j'ai fait sur e sujet chez Olivier -Objectif Terre, et qui l'a repris en billet si vous voulez aller voir ses réponses.
Sur l'individualisme dont parle Di Gi ? Je pense que c'est un état de fait. J'ai l'impression -mais ce n'est qu'une impression je ne suis pas allée au bout de la réflexion - que cela va avec la montée de l'éducation. J'ai l'impression que plus on est éduqué et plus on a tendance à se faire son avis propre et à ne plus rentrer dans des rangs. On pétitionne selon les sujets, on se bouge sur les sujets qui nous colnvainquent mais on ne rentre plus dans un corps, notamment politique, qui nous dit quoi penser.
C'est une constatation, ce n'est pas un "pour" ou "contre" ce genre d'évolution. Parce que je crois au politique. Et je pense en effet, qu'il faut des gens élus pour mener la barque et faire les choix. Il faut que la démocratie fonctionne. Et contrairement à beaucoup d'autres, je ne crois aucunement en une dictature éclairée car les observations montrent que "le peuple" est plus informé et sensibilisé que les dirigeants sur ces questions. Alors si en plus on avait une dictature !!! (ouarf) Et d'ailleurs cela rejoint ce que Laure Noualhat et Eric Gueret montre dans le documentaire "déchets, le cauchemard du Nucléaire" dont je parle dans mon billet d'aujourd'hui.

Alors pourquoi je crois au Buzz ? Parce que pour prendre les mesures qui s'imposent -et qui sont énormes- les dirigeant doivent sentir que la population se désolidarisera d'eux s'ils ne le font pas. Et pour cela, il faut un buzz vraiment énorme. Et les clics sur les journaux.... Ne les sous-estimez pas. Home a fait son effet sur les medias et sur les politiques parce qu'il y a eu 9 millions de téléspectateurs. et ensuite 16 % de votant verts , les deux en quelques jours, ça a fait réfléchir.

------ mes comm chez Olivier sur un de ses billet "arrêtez le culpabiliso-morbide"-

" Ce qui est difficile de faire comprendre c'est que les solutions sont multiples et petites. Peu voyantes finalement. D'une part, on voit des problèmes gigantesques et des solutions toutes petites... En image, ça souffre d'une distorsion de concurrence terrible : D'emblée, c'est difficile d'accepter leur crédibilité. On oublie en fait que ces phénomènes gigantesques ont été créés par de multiples pollutions toutes petites.

D'autre part cela ne correspond pas à l'héritage des deux-trois siècles qui nous ont précédés où on a cherché des solutions uniques et où on a eu le culte des grands travaux. Il faut donc une véritable révolution de l'esprit pour comprendre cela. Cela ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot. En aérien, c'était encore plus difficile : car à part les champs d'éoliennes et les centrales solaires, rien n'est spectaculaire. et tout est encore rare à grande échelle. Pour Home, sur les solutions, on a donc cumulé ces trois difficultés.

J'ai hâte de voir le film de Colline Serrault car comme elle se place à hauteur d'homme et dans l'humble (elle tourne camera sur l'épaule m'a-t-on dit) elle doit être dans la bonne échelle pour cela. Cela pose par contre la difficulté de ne pas utiliser un mode d'image habituel au grand public. C'est prendre le risque de toucher moins de gens. J'ai vraiment hâte de voir ce qu'elle a fait.

Imaginer un nouveau monde vraiment durable et surtout trouver les moyens d'en transmettre l'essence, c'est un travail créatif très dur. On peut faire du petit reportage (ex : les Report-Terre), mais en film c'est beaucoup plus difficile, car tu es obligé de passer à une autre dimension. Un film ne propose pas qu'une information il propose une réflexion plus globale et un mode narratif qui emmène et se tient. Et il faut prendre le public là où il est. Or il y a de vrais changements de paradigmes à faire.

Et il faut arrêter de croire que tout est manipulé. Ceux qui s'expriment et font des films ou livres sont des êtres humains comme les autres, ils sont à une étape de leur cheminement et ils font avec les moyens du bord. On n'est pas plus manipulés que n'importe quel citoyen dans une société ambiante et qui essaie de la regarder avec recul.

Après que certaines expressions soient plus dérangeantes que d'autres et trouvent du coup plus ou moins de diffuseurs c'est autre chose. Mais ce n'est pas de la censure, c'est plutôt des responsables à convaincre, comme le public, qui ont eux-aussi toute une vision du monde à déconstruire et à construire.

Home tel qu'il a été écrit l'a été pour correspondre vraiment à la prise de conscience d'une majorité de la population à un instant t. trop en avance, tu perds ton point d'accroche, trop en retard, tu ne fais plus rien découvrir.

Et le film de Hulot pour moi arrive aussi au bon moment car il permet de franchir un pas supplémentaire. Je le trouve très moderne aussi. Car il très modeste dans son mode narratif. Il y a ces grandes images très belles qui défilent -et qui s'apparente à ce à quoi tu es bombardé sans cesse à la télé et autres- et la réflexion d'un homme tout seul, qui interroge ses contemporains. En tant que simple homme. Il n'est pas ponte, il n'étale pas un savoir, il se met à côté de toi et il te dit ce qu'il a sur le coeur et dans sa tête après avoir retourné le problème dans tous les sens et avoir effectué un travail d'une véritable honnêteté intellectuelle, qui va chercher argument et contre argument pendant des années. Quand tu fais ça, tu ne peux plus te taire, c'est tellement énorme que tu ne peux pas faire autrement que de vouloir partager tes conclusions. Après ce qu'Hulot te dit résonne ou pas...

Et quel autre choix que de s'adresser directement à chacun ? Parce que dans cette histoire , on est tous embarqués dans le même bateau et personne ne peut rien faire tout seul. C'est d'ailleurs pour cela qu'on ressent le besoin de faire des films, qui sont des modes de partage d'être humain à être humain.

Il faut un mouvement de masse pour entraîner les politiques vers le changement. Ce n'est peut être pas ce qui devrait se faire dans l'idéal mais vu lurgence, c'est sûrement le moyen le plus efficace. Faire comprendre à la population l'ampleur des enjeux et que justement, la brosse à dent, c'est de la carabistouille. "

sa réponse très fouillée sur www.electron-economy.org/...

il y en avait un autre sur "commniquer sur le positif" / sur le négatif dans un précédent article mais impossible de le retrouver !! ;)


Jean, le mercredi 14 octobre 2009 à 22:14 :

Di Girolamo, Isabelle, j'ai trouvé le texte ci-dessous sur le blog de Kristen www.arpentnourricier.org/ :

..."comme le disait Patrick Mignard la semaine dernière à Sébazac, la nouvelle façon de faire la révolution, ce n’est plus d’affronter le char de la mondialisation avec le lance-pierre de l’action militante, mais de saper le pont de la consommation sur lequel il passera avec le patient burin de l’action éco-citoyenne et l’effet boule-de-neige de l’exemple."

Kristen agit lui aussi localement. Il parle dans son billet des villes en transition. Mouvement original né en Irlande. Patrick Mignard est un professeur d’économie, il tient un blog endehors.org/texts/patric... où l’on trouve des analyses apparemment pertinentes si j’en juge par celle que j’ai lue sur l’altermondialisme.

Si l’on veut se reposer l’âme de temps à autres, on peut rendre visite au site « monotarcie ».

Jean, le jeudi 15 octobre 2009 à 21:10 :

Isabelle, une petite remarque si tu permets. L'individualisme que nous constatons et dont nous souffrons n'est pas dû à l'éducation plus poussée qu'autrefois. C'est un symptôme de la décomposition de notre civilisation, si l'on peut encore parler de civilisation avec ce que nous savons.

Voici ce qu’écrit Patrick Mignard (prof. d’économie à l’IUT de Toulouse) dans un article intitulé « décadence » endehors.org/news/decaden... :


"L'époque que nous vivons n'est probablement pas nouvelle dans l'Histoire humaine. Nous vivons la décadence d'un système qui après avoir connu son apogée est en train de s'achever miné par des contradictions qu'il est incapable de dépasser. Ca n'est pas nouveau, tous les systèmes, même les plus puissants et les plus stables sont passés par cette étape. C'est ça l'Histoire.

La « perte de repères », la « perte de sens », la « faillite des valeurs » ces expressions résument assez bien, dans le langage courant ce que nous ressentons tous devant la situation économique, politique et sociale. Nous ressentons confusément que la « situation n'est pas comme avant ». La montée de l'incivisme donne une nouvelle dimension à la situation sociale. Les règles, les principes, les valeurs ne sont plus respectées, ni en haut, ni en bas de la société. Ce n'est plus le conflit social classique, bien repéré par nos esprits, bien « pratiqué » depuis des années, correspondant à des données claires qui éclate devant nos yeux, mais une lente « décomposition sociale » dont on ne comprend pas très bien la cause et surtout l'issue. »

Ensuite, P. Mignard décrit les causes « du rapport social à la dérive », évoque « l’impossible solution » puis « la situation bloquée » et termine ainsi :

« Le système marchand se meurt étouffé, comme l'ont été tous les systèmes dans l'Histoire, par son incapacité à permettre aux femmes et aux hommes de pouvoir tout simplement vivre dans la dignité. »


Nous savons que l’élection de Sarkozy a accéléré brutalement ce processus. Avec Berlusconi, il est l’un des honteux metteurs en œuvre de cette décomposition. Pour mieux renaître ou plonger dans le gouffre ?

Merci d’évoquer le film de Coline Serreau. Je trouve que ce que tu dis sur N. Hulot est bien vu.

Les commentaires d’Olivier sur son blog sont si abondants que je n’ai pas pu tout lire. Je n’ai pas tout à fait les mêmes références que lui car il vante Jean-François Revel. Olivier ignore peut-être que Revel était favorable aux OGM et avait gobé toute crue la propagande de Monsanto : le riz transgénique devait guérir les aveugles et régler le problème de la faim dans le monde.

Jean, le dimanche 18 octobre 2009 à 17:41 :

Isabelle, c’est encore moi. J’ai relu les commentaires d’Olivier. Il cite Jean-François Revel qui écrivait en 2004 : « Il y a une identité d'essence des trois totalitarismes du XXème siècle : fascisme, nazisme, communisme" » Revel, en bon homme de droite qu’il était, omettait d’ajouter dans sa liste le libéralisme économique en vigueur depuis la seconde guerre mondiale et responsable de plus de morts sur la planète que le fascisme et le communisme réunis et de la dévastation écologique que nous savons.

Je ne proposerai pas à Olivier de lire le livre de Jean Ziegler : « Les nouveaux maîtres du monde ». Cela pourrait être dévastateur pour son moral, mais s’il oublie ces réalités, elles lui reviendront malheureusement dans la figure et il ne comprendra pas pourquoi ça ne marche pas, pourquoi lui aussi il patine. Et ce sera peut-être trop tard.

Il cite en repoussoir un écofasciste. Je crois que nous avons fait pièce ici à cette question, à ces craintes qui relèvent de la politique fiction et en grande partie à des fantasmes, des projections, des peurs d’une partie de nos concitoyens dérangés dans leurs habitudes par l’idée écologiste et qui ne veulent rien en connaître. Cela arrange bien l’Etat accaparé par les possédants.

Olivier écrit en outre : « Les écologistes français ont aujourd'hui à mon sens besoin de faire leur mai 68 de la pensée écologique, de passer de l'écologie-contrainte à l'écologie-liberté, de l'écologie de la punition à l'écologie de la motivation, de l'écologie du renoncement à l'écologie du construire, de l'écologie de la peur à l'écologie de l'espoir éclairé. »

Ce discours est tenu par la droite pour disqualifier les écologistes aux yeux du public, traîner les pieds et ne prendre que des mesurettes, ce que fait Sarkozy. Cette rhétorique est classique des gens de mauvaise foi. Le mouvement écologique est né en France dans la foulée de mai 68 et a intégré cet espoir dans ses gènes.

De la même façon, Olivier se retourne contre les lanceurs d’alerte, contre Nicolas Hulot, pour leur dire que ce qu’il appelle le catastrophisme, ne marche pas. Il s’en prend à la vigie qui a vu l’iceberg au lieu de s’en prendre au capitaine ivre d’orgueil qui festoie avec ses amis riches et ne veut rien entendre. C’est typiquement l’illustration du syndrome de Stockholm.

Olivier serait un peu le représentant de l’écologie « d’en haut » mise en œuvre selon une « logique centralisatrice, élitiste ou planificatrice », tandis que je serais celui de l’écologie « d’en bas », « décentralisée, radicale, autogérée » sauf que, selon moi, cette opposition est probablement mortelle. Il faut réussir à concilier les deux mouvements. C’est ça la politique, le politique. (Je tire ces considérations sur l’écologie d’en haut et celle d’en bas d’un article de Jean-Luc Porquet paru le 16 septembre dans le Canard Enchaîné, et citant le livre de Romain Felli sur « Les deux âmes de l’écologie » L’harmattan 2008.)

Selon Olivier, « L'approche de Bertrand Piccard » est, à son avis « une véritable clé en la matière » : Il cite B. Picard qui déclare : " Si le développement durable ne suscite le plus souvent auprès du public qu'un intérêt un peu craintif, c'est qu'il est encore le plus souvent associé à un sacrifice financier et à une restriction de confort ou de mobilité. C'est cette tendance qu'il faudrait inverser, car personne n'est prêt, même au risque de détruire la planète, à régresser dans son niveau de vie (...)"

Ah, bon ? Je ne suis pas d’accord, beaucoup de gens sont prêts à réduire leur train de vie et beaucoup l’on déjà fait par choix. Par contre, c’est vrai il sera difficile de demander à la population de tels efforts tandis que l’élite dirigeante et les plus riches se gobergent impunément derrière l’indécent bouclier fiscal en France et d’autres dispositions ailleurs. Au moins, les criminels de guerre nazi ont été condamnés par le tribunal de Nuremberg, (c’est Jean Ziegler qui le rappelle).

L’affaire n’est pas technique. Elle est politique. Maintenant, si Olivier y arrive par la méthode « du tout le monde il est beau, tout il est gentil, il suffit que nous retroussions nos manches », j’applaudirait. Pour ma part, je ne fait pas le difficile, je suis preneur de tout ce qui peut être fait par les uns et les autres.

Enfin, les désastres sont déjà là. De nouveau, après les faits divers et les jeux du cirque médiatiques, des images d’enfants africains faméliques sur nos téléviseurs. Cette fois, les troupeaux crèvent aussi de faim et de soif. Face à ces femmes et ses enfants, je ne trouve pas le discours de Nicolas Hulot déplacé mais au contraire tout à fait adapté. Il a vu et il sait. Lui reprocher sa conscience peut-être douloureuse de la situation, c’est une façon de ne pas l’entendre. Et on ne va pas lui demander en plus de trouver les solutions. D’autant qu’il a dit l’essentiel en deux volets : tenir compte des limites de la planète et partager. L’a-t-on entendu ? Je ne le crois pas. C’est probablement le mot partager qui coince. Quoi, partager avec ces gueux ? Les privilégiés n’ont pas encore compris que le partage est l'une des conditions du sauvetage, ne serait-ce qu'au plan moral qui n’est pas rien. Ils veulent finir comment, en charpie ?

Ceci dit, en toute amitié vis-à-vis d’Olivier qui bosse, se décarcasse lui aussi dans son coin. Le débat est indispensable. Si nous avons à accueillir ses propositions et son enthousiasme, il lui appartient d’entendre la revendication sociale, le besoin et le désir de justice. Ils sont plus que justifiés. Peut-on être plus clair ? C'est assez simple au fond.

Clem, le mardi 27 octobre 2009 à 16:33 :

ca fait des années que les prédictions des modèles sont sous estimées par rapport à ce que quelques années plus tard on peut mesurer dans l'atmosphère....

Et ce n'est pas copenhage qui va changer grand chose, si ce n'est que c'est toujours les meme qui manger des petits fours dans les foire médiatiques mondialisées....

Olivier (Objectif Terre), le vendredi 6 novembre 2009 à 21:15 :

Jean a écrit :
"Olivier serait un peu le représentant de l’écologie « d’en haut » mise en œuvre selon une « logique centralisatrice, élitiste ou planificatrice"

Hmm, c'est pas vraiment cela mon approche, c'est même exactement l'opposé, mais c'est pas grave :)
Le problème fondamental, ce sont les monopoles, qu'ils soient publics ou privés, quand ils écrasent les "petits", quand ils empêchent l'épanouissement du potentiel créateur de chacun.
L'état, en tant que garant des libertés individuelles, c'est ça son rôle : permettre à chacun de créer, d'entreprendre librement, de lutter contre les situations d'abus de position dominante etc.

Pour mémoire, le mot "liberal", aux USA, a exactement le sens inverse que lui donne la gauche française en France.
La gauche française, en croyant faire la promotion de la solidarité, a oublié l'essence de cette dernière : la liberté.
"Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle".
- Pierre Lecomte de Noüy

Jean a écrit :
"Il lui appartient d’entendre la revendication sociale, le besoin et le désir de justice"

Si tu crois "que cago dinero" ("que je pisse le fric"), pour reprendre une expression mexicaine, tu te plantes vraiment.
A mon avis, la revendication sociale est une aspiration à la dignité individuelle de chacun face au mépris de groupes deshumanisés. Plus les groupes sont gros, plus ils se déshumanisent (France Télécom, EDF...).
Je pense qu'il nous faut revenir à des entreprises à taille humaine et à une relocalisation de l'économie (production alimentaire, production énergétique, industries etc.). Je lis beaucoup à ce sujet en ce moment (sur la thématique de l'héritage, des grands propriétaires terriens, des monopoles d'exploitation de mines, sur les questions d'organisation au sein de l'entreprise etc.).
Un ami holandais m'a envoyé des documents très intéressants à ce sujet : www.electron-economy.org/...

Amitiés,
Olivier

NB -
- LIBERTE DURABLE - Voiture électrique et danger de monopolisation par EDF
www.electron-economy.org/...

- Hans Jonas, la Liberté, et le monde-prison
www.electron-economy.org/...

- Sea...Wind and Sun :) - Newsletter ObjectifTerre n°35
www.electron-economy.org/...

Olivier (Objectif Terre), le vendredi 6 novembre 2009 à 23:03 :

Isabelle a écrit : "sa réponse très fouillée sur www.electron-economy.org/...
il y en avait un autre sur "communiquer sur le positif" / sur le négatif dans un précédent article mais impossible de le retrouver !!"

Bonjour Isabelle,

C'est peut-être celui-là :

De l'écologie morbide à l'écologie positive
www.electron-economy.org/...

J'ai regroupé les "essentiels" ici, c'est plus pratique :
www.electron-economy.org/...

enoch, le mardi 10 novembre 2009 à 14:11 :

Les chiffres du rapport de l'ONU et ceux du GIEC ont été démentis depuis car les graphiques utilisés étaient totalement faux et non vérifiés.

Jean, le jeudi 12 novembre 2009 à 22:00 :

Olivier. Merci pour les précisions. Pour ma part, j'aurais déjà et pour le moins, tout simplement, aimé que la France dont je suis un citoyen et qui a pour devise "Liberté - Egalité - Fraternité" soit en pointe sur la question environnementale et sur la question sociale.

Nous sommes si loin de cela, fourvoyés dans le nucléaire civil et militaire, les ventes d'armes, l'automobile, l'aviation, l'agrochimie, etc. Situation dangereusement schizophrène...

Olivier (Objectif Terre), le vendredi 13 novembre 2009 à 04:43 :

"fourvoyés dans le nucléaire civil et militaire"

ça c'est clair...

sdw, le mardi 24 novembre 2009 à 20:53 :

Vous avez entendu parler des données trafiquées du GIEC et des email hackés du CRU ?

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