Pour éviter les bouteilles et faire des économies : l’eau gazeuse maison

2,7 millions de tonnes de plastiques sont consommés chaque année pour l'eau en bouteille dans le monde

De l’eau gazeuse toujours à disposition et sans bouteille plastique à produire transporter, jeter… ! Pour moi qui n’aime pas l’eau plate, et qui me tapait des problèmes de santé parce que je ne buvais pas assez, c’est le graal !

Non, j’exagère bien sûr.

Personnellement je ne bois pas d’eau en bouteille

  1. à cause des gaz à effet de serre que ça génère,
  2. à cause de la quantité de plastique que ça produit,
  3. parce que mon eau du robinet est potable, ce qui n’est plus le cas de tous les lieux en France.

J’ai donc choisi de présenter chez S. Bern, le gazeificateur d’eau, qui a l’avantage aussi de présenter une filière où tout est réutilisable. Et ici, de vous en dire plus, sur le gazeificateur et sur les trois points ci-dessus…

On en trouve deux marques en France -sauf erreur de ma part, soda stream et soda quick. Dans ce billet, je vais d’abord parler des problèmes écologiques puis des gazeificateurs maison. A la fin du billet, je présente l’investissement à faire et fait un comparatif des deux. Pour les deux marques, l’économie en terme écologique et financier et -très !- substantielle.

Les gaz à effet de serre

L’eau en bouteille fait beaucoup de kilomètres, la plupart du temps en camion. Du lieu d’embouteillage (la source) jusqu’aux distributeurs situés aux quatre coins du pays, voire du monde, puis en voiture du supermarché jusque chez vous. Le bilan carbone d’une bouteille d’eau est donc la plupart du temps exécrable, même quand il s’agit d’une source proche.

A noter : la seule marque que je connaisse qui développe une véritable démarche responsable de ce côté est Evian, qui envisage la neutralité carbone d’ici deux ans environ. En réduisant l’émission liée au transport (une bonne part en train) et en compensant le reste par des programmes de reforestation de mangroves auprès de communautés sénégalaises.

Bref, l’eau en bouteille, ce n’est quand même pas terrible du point de vue climat.

Le plastique

5 à 7 milliards de bouteille plastique sont consommées en France chaque année.  En théorie, tout ce plastique est recyclable. En réalité, environ une bouteille sur deux est recyclée. Le problème se situe souvent à la source : si chez soi on trie bien, à l’extérieur ou au bureau, c’est beaucoup moins le cas. Sans compter celles qui se perdent inévitablement dans la nature et qui finissent inévitablement… dans l’océan.

On a ainsi récemment découvert une « plaque » de déchets plastiques au coeur du Pacifique à la convergence des courants océaniques. Une soupe de fragments plastiques sur plusieurs mètres d’épaisseur et grande comme la France. longtemps niée, elle est aujourd’hui attestée par des équipes scientifiques (voir ici un très bon article de Rue 89 si vous voulez en savoir plus). L’Atlantique n’est pas épargné par les déchets plastique mais on a du mal à suivre leur évolution et transformations (pour en savoir plus, une synthèse du Figaro ici

Il semble de plus en plus que le plastique ne se dégrade pas dans la nature, il se fragmente jusqu’à devenir invisible. On a découvert il y a peu que  les planctons concentraient des microfragments plastiques au coeur de leurs cellules (lire un exemple ici).  A partir de là, il contamine toute la chaîne alimentaire océanique. En outre, lors de son usure, le plastique devient poreux et fixe les substances toxiques. Les effets sur la faune océanique -poissons, tortues, oiseaux…- sont multiples : étouffement, intoxication, confusion avec la nourriture…

Lorsque je travaillais pour l’émission Vu du Ciel, j’ai découvert une femme incroyable qui sensibilisait à ces problèmes sur les Albatros. Voici un extrait (disponible sur youtube).

En outre, il semblerait que le PET, plastique largement utilisé pour les bouteilles et considéré comme le moins toxique jusqu’ici libérerait des homologues d’hormones femelle et mâle, selon une étude allemande que j’ai trouvée dans Le Figaro ici.

En bref, plus on évite d’utiliser du plastique, moins il a de chances, lui et ses composés, de se retrouver dans la nature (y compris dans nous-mêmes), et mieux tout le monde se portera… De mon côté, les études révélées sur le plancton ces deux dernières années me poussent à utiliser le moins de plastique possible. Ce qui est -il faut l’avouer- un casse-tête.

Lorsque l’eau n’est plus potable, la bouteille est incontournable

Dans les discussions sur le forum de comment ça va bien, j’ai eu ce commentaire :

« Et que penser lorsque l’on habite dans une région où l’eau du robinet n’est pas ou peu consommable à cause des nitrates ! Une rubrique d’écolo, mon œil, juste histoire de faire vendre une machine qui coûte cher ! »

On commence en France à avoir des zones où l’eau n’est durablement plus potable à cause d’une teneur élevée en nitrates. Là, on est dans un problème sur plusieurs années et qui concerne généralement les pratiques d’une agriculture et d’un élevage trop intensif. L’eau en bouteille devient incontournable. Cela pose de vraies questions et constitue de véritables signaux d’alerte. Les premières régions touchées sont souvent granitiques, comme la Bretagne : l’eau est affleurante et réagit très vite aux pollutions. La bonne nouvelle, c’est qu’elle réagit aussi très vite aux diminutions des pollutions. Mais lorsque l’eau est profonde en nappe phréatique, c’est plus insidieux et plus problématique: en effet, la qualité de l’eau réagit moins vite, on change donc moins vite les pratiques agricoles… et la pollution s’accumule. A long terme, si les pratiques ne changent pas davantage, ces régions mettront plus de temps à retrouver une bonne eau… Et donc les traitement vont coûter de plus en plus cher. En seule Seine et Marne, l’eau n’est plus conforme pour plus  de 140 000 habitants (lire ici)

De la même façon, certaines régions pauvres du monde deviennent des grands consommateurs d’eau en bouteille. Certaines populations dépensent jusqu’à 10 % de leur revenu pour s’alimenter en eau. Paradoxal mais très facile à comprendre : ces régions ne disposent d’aucunes structures d’assainissement, ils n’ont plus d’eau potable et il faut bien boire…. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement, l’investissement mondial requis pour réaliser l’objectif du Millénaire pour le développement relatif à l’accès l’eau potable, à savoir la réduction de moitié de la population mondiale qui n’y a pas accès, équivaut au montant mensuel des dépenses d’eau minérale en bouteille de l’Europe et des États-Unis. Même si ce n’est pas lié (ce ne sont pas les embouteilleurs d’eau qui vont transférer leur chiffre d’affaire ou les consommateurs les économies réalisées…) la comparaison fait réfléchir…

Bon mais venons en au fait :) Pour ceux qui donc aime les bulles mais pas les bouteilles, je recommande fortement le gazeificateur. C’est économique, écologique et pratique !

Le gazeificateur d’eau : l’équipement minimal, les marques, le coût etc.

Un pack gazéificateur de base  contient :

-la machine

-une bonbonne de gaz chargée

- une ou deux bouteilles selon les marques,

Cela coûte en premier prix 69€ chez sodaquick, 79 euros chez Sodastream (cliquer sur les marques pour accéder aux sites)

Ensuite vous pouvez préférer des modèles plus design qui coûtent plus cher (compter 100 euros environ)

Il faut acheter un cylindre supplémentaire pour prévenir le remplacement du premier. Il coûte 22 € chez sodaquick et 33 euros schez sodastream.

La recharge pour 60 litres coûte 10 € chez sodaquick, 13 euros chez Sodastream.

Si vous buvez un litre d’eau gazeuse chaque jour, vous économisez 50 % la première année par rapport à l’achat d’eau gazeuses de marque. Ca c’est le temps d’amortir la machine.

Ensuite, vous ne payez plus que la recharge. L’eau alors vous revient de 16 à 21 centimes selon la marque

Alors qu’une eau traditionnelle coute environ 80c le litre et une eau premier prix, environ 40 centimes.`

Vous faites donc au minimum 50 % à 80 % d’économie sur le portefeuille dès que la machine est amortie (moins d’un an)

Un conseil : pour choisir la marque, renseignez-vous aussi sur la facilité des recharges (points de vente, internet ou point relai)

Allez, tchin !

Pour en savoir plus sur le plastique : la campagne d’Agir pour l’environnement ici.

14 commentaires vers "Pour éviter les bouteilles et faire des économies : l’eau gazeuse maison"

  1. magali
    9 septembre 2010 - 08:09 | Lien permanent

    Bonjour Isabelle

    dites moi j’ai vu votre démo sur l’eau gazeuse et j’aimerais acquérir une machine. Moi qui habite grenoble ou est ce que je peux avoir votre machine rouge que vous vous êtes servie dans l’émission.
    2 question ou est ce que je peux recharger les bouteilles de co2 sur grenoble
    merci pour vos réponses
    magali

  2. Heymans Marie
    15 septembre 2010 - 16:09 | Lien permanent

    Bonjour Isabelle, vous avez annoncé que les machines à bulles comme soda quick étaient en vente en grandes surfaces, habitant la belgique, je fais mes courses chaque semaine à Villeneuve d’Asque. Pourriez-vous m’indiquer où je pourrais m’en procurer ? grand merci et bravo pour vos émissions

  3. Patrice
    7 octobre 2010 - 20:26 | Lien permanent

    Les machines à soda, Soda Club, SodaStream, SodaQuick, proviennent d’une unité de production implantée dans la colonie israélienne de Mishor Adumin, à l’est de Jérusalem en Cisjordanie occupée: colonie, illégale selon les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l’ONU : illégalité rappelée avec force dans les Conclusions du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’U.E. du 8 décembre 2009. Illégale, par conséquent, aux termes de l’article 49.6 de la 4ème Convention de Genève dont la France est signataire.
    La fraude sur l’origine peut donc s’appliquer à la vente de ces produits qui, bien que fabriqués dans un « Territoire Occupé », sont estampillés « made in Israël ». (Violation de l’article 6 de la « Directive 2005/29/CE du Parlement Européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs », directive relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation, qui répriment les pratiques commerciales trompeuses, créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

    • Soda Quick
      11 octobre 2010 - 14:45 | Lien permanent

      Soda Quick n’est PAS DU TOUT fabriqué en territoires occupés de Palestine , mais en Asie pour l’appareil et en Allemagne pour le cylindre . merci de rectifier ce qui semble etre de la diffamation .

  4. Patrice
    8 octobre 2010 - 12:53 | Lien permanent

    Votre interrogation était bien justifiée, je viens de recevoir du distributeur de Soda Quick que leurs gazéificateurs sont fabriqués en Asie et les cylindres fabriqués en Allemagne.

    J’espère que les lecteurs de votre blog me pardonneront cette erreur. Par contre je confirme pour les autres produits.

  5. Alain
    9 octobre 2010 - 16:34 | Lien permanent

    Bonjour,

    je suis fort surpris que vous fassiez la promotion d’un produit (SodaStream, Soda Quick, Soda Club) qui est importé illégalement, car estampillé « Made in Israël » alors qu’en réalité il est fabriqué dans une colonie de Cisjordanie nommée Mishor Adumin.
    Cette illégalité est double:
    1/ colonie, illégale selon les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité de l’ONU (illégalité rappelée avec force dans les Conclusions du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’U.E. du 8 décembre 2009).
    2/ fraude à l’origine puisqu’estampillée « Made in Israël » : (Violation de l’article 6 de la « Directive 2005/29/CE du Parlement Européen et du Conseil du 11 mai 2005 relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs.

    Il serait juste et loyal d’en avertir les consommateurs : bio n’a jamais été un équivalent d’éthique.

  6. citoyresp
    9 octobre 2010 - 23:18 | Lien permanent

    « En 1998, Soda-Club rachète Soda Stream » sur le site de Soda Stream. Tout est parfait dans le meilleur des mondes possibles… Sauf que ce produit « écolo » si chaleureusement vanté par le SERVICE PUBLIC est dans l’illégalité (voir décision de la cours Européenne de février de cette année) ! Soda Club spolie honteusement les territoire des Palestiniens depuis de nombreuses années en trompant ses clients sur l’origine de ses produits et en usurpant des tarifs douaniers illégaux. A quand une info rectificative dans votre émission. [l'écologie si bien mise en avant dans vos interventions je la pratique au quotidien dans de nombreuses activités, comme par exemple le chauffage de ma maison, solaire à 60% depuis 27 ans...]

  7. Emma
    7 décembre 2011 - 18:48 | Lien permanent

    Merci Isabelle pour cet article très intéressant! Et surtout pour le lien vers l’émission « Vu du ciel » que je n’avais pas vu et qui malgré qu’elle soit aujourd’hui un peu vieille (mais certainement toujours d’actualité) nous apprend des choses vraiment effarantes! J’étais venu pour m’informer sur les gazéificateurs, je me retrouve a sauter d’article en bribes d’émissions! Mais merci pour ce brin de culture!

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