Energies : La France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant

Voici un communiqué de presse reçu hier et issu des acteurs et associations majeurs dans le domaine du climat et de l’énergie française du point de vue du développement durable. Ce qui se passe aujourd’hui fait malheureusement écho à mon enquête sur les positions des candidats à la présidentielle en 2007  sur l’environnement (Environnement, les candidats au banc d’essai, 40 questions essentielles pour notre avenir, La Martinière Textes 2007).

Malgré l’espoir suscité par le Grenelle de l’environnement, les positions aujourd’hui du gouvernement montrent que sa vision n’a pas changé. En 2007, Nicolas Sarkozy s’était retrouvé le moins bien noté de tous les candidats.

Qu’il s’agisse de l’énergie, de l’agriculture et donc de leurs conséquences sur le climat, l’emploi, les terres fertiles, la qualité de notre alimentation et de notre eau, les politiques de fond ne changent pas…

COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 28 février 2011

La France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant !

Nous, représentants d’entrepreneurs, de collectivité locales, de salariés, d’investisseurs, de bâtisseurs, d’organisations non gouvernementales avons découvert le projet de texte visant à encadrer le développement de la filière photovoltaïque. Dans quinze jours au plus tard, si rien ne change, 25 000 emplois, créés dans la foulée d’une rupture écologique et économique majeure – le Grenelle de l’Environnement - seront mis en péril, plusieurs milliers seront supprimés à très court terme.

Le Gouvernement souhaitait légitimement réguler et encadrer le coût pour la collectivité du développement du solaire photovoltaïque. Mais le projet actuel met en grave danger  une filière naissante dont la crise de croissance, réelle, méritait un traitement adapté.

Des propositions constructives pour maintenir la CSPE à un niveau supportable pour les consommateurs d’électricité tout en ouvrant de réelles perspectives ont été  formulées au cours de la réflexion collective menée cet hiver, mais aucune recommandation du panel des acteurs présents (industriels, installateurs, artisans, agriculteurs, ONG, collectivités locales, parlementaires,…) n’a trouvé un quelconque écho dans le projet d’encadrement déposé par l’Administration.

La concertation menée depuis fin 2010 n’aurait-elle donc servi à rien ?

Alors qu’une large majorité de Français déclare accepter de payer plus cher leur électricité pour que se développent les énergies renouvelables en général et le solaire photovoltaïque en particulier[1], c’est un sentiment d’incompréhension qui s’impose à tous les acteurs de la filière.

Personne ne conteste que l’électricité photovoltaïque est appelée à contribuer très largement à l’approvisionnement énergétique de la planète : la question aujourd’hui est de savoir quel rôle notre pays se prépare à jouer dans cette formidable compétition ?

Le manque de vision de l’extraordinaire potentiel énergétique et industriel du photovoltaïque pour notre pays risque de conduire à des décisions lourdes de conséquences.

L’abandon de la filière se traduirait concrètement par des fermetures d’entreprises, mais aussi comme un signal négatif à la diversification énergétique et au changement de paradigme reposant sur la sobriété et l’efficacité énergétiques couplées à un recours substantiel à l’énergie solaire.

Il n’est ni trop tard pour revoir un texte dangereux, ni trop tôt pour engager notre pays sur une trajectoire énergétique associant prospérité, création d’emplois et  lutte contre le changement climatique.

Nous demandons solennellement au Gouvernement de réaffirmer son ambition pour la filière en amendant dans un sens constructif le projet de texte lors de son examen par le Conseil Supérieur de  l’énergie le 2 mars prochain et en ouvrant rapidement, dans l’esprit du Grenelle de l’environnement, le chantier d’un « Plan solaire photovoltaïque » ambitieux et bénéfique pour tous.

Signataires
AIPF, CAPEB, CLER, FFB-GMPV, FNCCR, FNH, FNE, ENERPLAN, GIMELEC, HESPUL, NégaWatt, Réseau Action Climat, SER-SOLER, SERCE, WWF

1 commentaire vers "Energies : La France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant"

  1. château chenonceau
    12 mars 2011 - 12:43 | Lien permanent

    C’est en effet un véritable scandale au profit du nucléaire et du pétrole

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