La vie dans les océans serait à la veille d’un effondrement global, inédit depuis 55 millions d’années

Cela fait longtemps que je ne publie plus ce genre de mauvaises nouvelles sur eco-echos. Pourquoi ? Parce que climat, océans, eaux… rien de nouveau sous le soleil qu’on ne sait déjà dans ses grands mécanismes sinon que tout va encore plus vite que prévu.

Mais à la lecture du Monde en ce début d’après-midi, il me semble que la piqûre de rappel est bonne à prendre, tellement elle nous met devant les conséquences de notre système. Je vous publie un extrait de l’article. La suite est à lire ici ou dans vos kiosques aujourd’hui.

A table

En fait c’est un peu comme quand on vous dit « a table ». Vous abandonnez vos vieilles lectures et vous vous levez.  L’horloge climatique et l’état de la biodiversité nous disent « a table ». Il n’y a plus de question à se poser. Il faut changer radicalement nos modèles. Démonstration…

(voilà pour aujourd’hui sur les catastrophes, quant aux changements de modèles, j’y reviendrai peut-être ici, mais ce sont des articles de fond très long à écrire et j’en ai peu le temps)

Les océans seraient à la veille d’une crise biologique inédite depuis 55 millions d’années

Des experts redoutent un effondrement des écosystèmes marins du fait du réchauffement, de l’acidification des mers et des pollutions

 

La sévérité du diagnostic est telle qu’il est difficile d’en imaginer les tenants et les aboutissants. Selon un panel d’une trentaine d’experts, réunis mi-avril à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) dans un colloque interdisciplinaire, la magnitude des bouleversements qui, du fait des activités humaines, affectent les océans est inédite depuis au moins 55 millions d’années. Et sans doute beaucoup plus.

Les conclusions du colloque, organisé à l’initiative de deux organismes non gouvernementaux - l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’International Programme on the State of the Ocean (IPSO) - ont été rendues publiques, mardi 21 juin. Elles feront l’objet d’un rapport agrémenté de recommandations, qui sera prochainement communiqué aux Nations unies.

L’objectif du rapport - dont l’intégralité n’a pas encore été rendue publique - n’est pas d’apporter des résultats de recherche inédits ou des observations nouvelles. Il est plutôt de synthétiser les travaux récents sur des questions aussi diverses que les changements des paramètres chimiques de l’océan, l’impact des pollutions locales ou globales, de la surpêche, de l’augmentation des températures des eaux de surface, etc.

Cette synthèse, inédite, offre une photographie globale de l’état des mers du globe, jugé  » choquant «  par Alex Rogers, directeur scientifique de l’IPSO et professeur de biologie de la conservation à l’université d’Oxford. Si les tendances actuelles se maintiennent, un effondrement des écosystèmes marins à une large échelle est, selon les auteurs, probable d’ici 2020 à 2050.

En particulier, les eaux de surface de l’Océan absorbent une part importante des émissions anthropiques de dioxyde de carbone (CO2), ce qui conduit à leur acidification. Celle-ci se produit à une vitesse inédite depuis le maximum thermique du paléocène-eocène, qui, il y a 55 à 56 millions d’années, a connu une extinction de masse.

Au cours de cette crise biologique, explique Jelle Bijma (Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research) dans une étude de cas annexée au rapport, le cycle du carbone a été perturbé par l’introduction dans l’atmosphère d’environ 2 milliards de tonnes (Gt) de CO2 par an pendant 5 000 à 10 000 ans - les causes de ce bouleversement sont encore débattues. C’est un taux près de quinze fois inférieur aux quelque 30 Gt de CO2 émises aujourd’hui, chaque année, par les activités humaines.

Les rapporteurs constatent qu’un  » trio mortel « , bien connu, est à l’oeuvre dans les océans de la planète. Extension des zones anoxiques (privées d’oxygène, souvent par les effluents agricoles), augmentation de la température, accroissement de l’acidité de l’océan : le triptyque qui marque la situation actuelle est analogue à ce qui a prévalu lors de la plupart des cinq précédentes grandes crises biologiques, intervenues au cours des temps géologiques.

Mais les effets sont plus rapides.

Pour lire la suite : le site du Monde.fr


 

 

9 commentaires vers "La vie dans les océans serait à la veille d’un effondrement global, inédit depuis 55 millions d’années"

  1. Eugène
    27 juin 2011 - 15:28 | Lien permanent

    Tout va plus vite que prévu parce que le véritable pb tient au fait d’avoir des décideurs branchés sur les seules questions de valorisation (immédiates) qui permettent de faire des choix, mais pas sur les questions morales qui permettent les décisions et de s’y tenir intemporelles)!

  2. Eugène
    27 juin 2011 - 15:30 | Lien permanent

    Il m’aurait donc fallu écrire « décideurs » avec 10 puissance 99 guillemets!

  3. Monique's Gravatar Monique
    30 juin 2011 - 19:37 | Lien permanent

    Madame Delannoy,

    Je lis dans Télérama de cette semaine un long article consacré à une émission qui devrait passer sur Arte prochainement, émission consacrée à l’invasion de notre environnement par les bisphénols et autres cochonneries dont vous dénoncez les méfaits depuis longtemps. En vous écivant cela je n’ai pas la prétention de vous apprendre quelque chose, bien entendu, mais j’ai été frappée par le fait que votre combat est partagé par d’autres personnes, et que si la télévision, même une chaine élitiste et confidentielle comme Arte en parle, c’est quand même bon signe.

    Je vous souhaite de bonnes et reposantes vacances et j’espère bien vous retrouver à la rentrée…. un peu plus souvent me ferait bien plaisir, et pas qu’à moi, j’en suis certaine.

  4. Eugène
    5 juillet 2011 - 11:00 | Lien permanent

    Mon commentaire a disparu!

  5. Di Girolamo
    1 septembre 2011 - 08:08 | Lien permanent

    Bonjour Isabelle

    « Cela fait longtemps que je ne publie plus ce genre de mauvaises nouvelles sur eco-echos. Pourquoi ? Parce que climat, océans, eaux… rien de nouveau sous le soleil qu’on ne sait déjà dans ses grands mécanismes sinon que tout va encore plus vite que prévu. »
    Faut il pour autant renoncer à désigner les problèmes importants , et les laisser complètement zappé par le brouhaha médiatique et « politique » , au sens merdique qu’a pris ce mot ?
    Bonne journée

  6. Di Girolamo
    1 décembre 2011 - 13:18 | Lien permanent

    Bises renvoyées vers toi
    A +
    PS : Pas besoin de publier ce comment qui n’apporte pas grand chose au débat !

  7. Irisyak
    24 janvier 2012 - 17:00 | Lien permanent

    La question vient du fait que le mal progresse trop lentement au niveau des retours via les cyclones et autres catastrophes.

Les commentaires sont fermés

1 Trackback vers "La vie dans les océans serait à la veille d’un effondrement global, inédit depuis 55 millions d’années"

  1. La vie dans les océans « La bas… dans le Tarn
    sur 24 juin 2011 at 19:53